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Mai 13

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Jamais deux sans trois

Pas plus qu’en 2013 et 2015, l’ASM Clermont Auvergne ne sera pas championne d’Europe cette année. Aurélien Rougerie et ses coéquipiers se sont inclinés 18-27 devant les Saracens qui conservent leur couronne acquise l’an passé contre un autre club français, le Racing 92.

La déception est très grande, naturellement, mais rarement l’impression fut aussi forte d’avoir vu perdre les Auvergnats contre plus forts qu’eux. Foin de nerfs qui craquent, de malédiction séculaire ou de décisions arbitrales partiales. L’ASMCA s’est logiquement inclinée devant une formation anglaise incroyable de puissance et de maîtrise. Ne s’affolant jamais, toujours devant au score, les Saracens n’ont jamais semblé inquiets. Les statistiques d’occupation (68%) et de possessions (60%) parlent d’elles-mêmes. Mais il n’est pas besoin de chiffres à ceux qui ont vu la rencontre et assisté à une domination aussi impressionnante, qui a rendu inéluctable le résultat final en dépit de la magnifique résistance clermontoise ponctuée de deux essais splendides.

On a même cru en début de match que les Anglais administreraient une déculottée à leurs adversaires, avec deux essais inscrits en vingt minutes, dont un par le toujours pénible Chris Ashton (on attend la saison prochaine avec impatience, pour voir comment réagiront ses adversaires du Top14 devant ses plongeons arrogants dans l’en-but). Heureusement pour le suspens comme pour le spectacle, il n’en fut rien, une réalisation de Rémi Lamerat permettant aux Auvergnats de rester au contact au score à la mi-temps.

La seconde période a été une copie presque conforme de la première, à ceci près que Clermont revenait à un point et semblait en mesure de faire basculer le sort de cette finale en sa faveur. Las, pas plus perturbés que cela, les Saracens profitaient de deux fautes de main de Fritz Lee et de Scott Spedding pour convertir leur domination en points et repousser les Jaunards au planchot. Jusqu’à une pénalité d’Owen Farrell – très Léonin cet après-midi, comme aurait pu le dire Warren Gatland – scellant définitivant le sort de la rencontre.

Qu’a-t-il manqué à Clermont pour l’emporter ? Un peu de tout. Davantage de puissance devant, un soupçon de précision supplémentaire au pied, moins de maladresse sur quelques ballons hauts et, disons-le, un chouilla de cette faculté très irlandaise de pourrir les rucks. En face, la densité du milieu de terrain, avec deux artistes de la démolition, Billy Vunipola et Brad Barritt et l’activité inlassable d’un cinq de devant qui a peu d’équivalent en Europe (voire dans le monde) ont permis à la charnière Wigglesworth – Farrell de jouer dans un fauteuil et de peser sur une défense clermontoise héroïque mais insuffisamment hermétique.

Les plus chauvins ne pourront même pas accabler Nigel Owens, dont l’arbitrage a été très cohérent et même plutôt clément à l’égard des Français si l’on en juge sa décision de ne pas infliger de carton jaune voire d’essai de pénalité aux Auvergnats sur un en-avant très litigieux de Camille Lopez (très bon par ailleurs).

On souhaite à l’ASMCA, défaite une troisième fois en autant de finales de « grande » coupe d’Europe, de ne pas attendre un sacre continental aussi longtemps qu’elle l’a fait pour rapporter le bouclier de Brennus place de Jaude. Mais pour tout dire, on la voit mal y parvenir l’an prochain tant cette équipe des Saracens paraît en mesure de faire la passe de trois et rejoindre Toulon dans la légende de la compétition.

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