Itinéraire de gagnants gâtés

TwickLuneIls avaient participé au concours lancé par la Société générale pendant l’opération « Formons un équipe avec le XV » en enregistrant leurs encouragements à Thierry Dusautoir et ses copains sur Internet ou dans le bus qui a sillonné l’hexagone entre le 19 mai et le 8 juillet dernier. Une trentaine d’heureux gagnants venus de toute la France – et même de Belgique ! ont pu apporter de vive voix leur soutien au XV de France dans les tribunes de Twickenham samedi soir.

Renvoi aux 22 les accompagnait. Petit récit d’un week-end réussi…

Samedi 19 septembre – 10h30 – Paris, Gare du Nord

Le rendez-vous leur a été donné à 11h, Gare du Nord. Mais certains sont arrivés un peu plus tôt. Pour être sûr de ne pas rater la fête et sentir un peu de ce parfum de coupe du monde qui règne dans le hall. Quelques uns portent des maillots du XV de France, le visage peint en bleu-blanc-rouge, d’autres ont un drapeau tricolore à la main quand ce dernier n’est pas utilisé comme une très seyante cape aux accents patriotiques. L’ambiance est au beau fixe. Le soleil est attendu sur Twickenham et l’on est convaincu qu’il annonce un Austerlitz pour notre équipe nationale, et pas un Waterloo, n’en déplaise aux oiseaux de mauvaises augures.

12h50 – Eurostar

Les formalités d’embarquement ont été effectuées et l’on se dirige doucement vers la voiture réservée aux gagnants du concours. Les présentations sont faite. Certains jouent ou ont joué au rugby, d’autres non, mais tous partagent le même bonheur d’être réuni pour ce voyage. Les discussions vont, c’est le cas de le dire, bon train. En attendant de pouvoir découvrir le mythique temple du rugby, il faut prendre son mal en patience…

15h30 – Londres, Hôtel Doubletree

Après un peu plus de deux heures de voyage sans histoire et un transfert rapide vers l’hôtel, la petite troupe a mis sa montre à l’heure anglaise et profite d’une petite heure avant le départ pour le stade. Petite sieste pour les uns, match Irlande – Canada pour les autres, pendant que quelques curieux partent à la découverte du quartier de Russell Square, avec ses bâtiments imposants au style classique et ses immeubles modernes abritant bureaux et hôtels. On entend beaucoup l’accent français parmi les nombreux passants, témoignant de l’affluence des supporters pour le match dans cette ville déjà très francophone avec ses 400 000 habitants venu de l’hexagone.

16h30 – Départ vers Twickenham

L’excitation commence à grandir. Carlos, le chauffeur du bus affrété par la Société générale, découvre le petit groupe…et les chansons de troisième mi-temps entonnées à tue-tête par les jeunes (et moins jeunes) rugbymen. Les titres desdites chansons ? Désolé, ce qui se chante dans le bus reste dans le bus.
On fait connaissance avec le « traffic jam » londonien. Bien que situé à une vingtaine de kilomètres seulement, le Stade de Twickenham est difficile d’accès à cette heure de la journée. On s’impatiente. Mais peu à peu, les chants et les plaisanteries s’effacent devant le silence de l’attente et la curiosité de la découverte. A chaque virage, on tente d’apercevoir le magnifique vaisseau amiral de la fédération anglaise de rugby.

18h00 – Twickenham Stadium

TwickExtOn y est ! Après quelques minutes de marche dans le quartier cossu qui borde le stade, on découvre Twickenham. Superbe timing : le groupe arrive au même moment que le bus de l’équipe de France. Les applaudissements nourris des nombreux supporters présents ne semblent pas dérider les visages des joueurs qu’on aperçoit à travers les vitres fumées du véhicules. Ils sont visiblement déjà dans leur match. Une photo de groupe devant l’entrée puis tout le monde s’égaye dans les alentours. On profite du soleil, de la gastronomie anglaise (saucisses, fish and chips), et des écrans géants qui diffusent l’extraordinaire exploit de la victoire japonaise devant l’Afrique du sud. Le dernier essai nippon est inscrit dans une ambiance indescriptible, donnant l’impression que le match se déroule pour de vrai à Twickenham. Les quelques supporters japonais présents sont chaleureusement félicités par leurs homologues Français, qui espèrent que cet exploit sera le seul de la journée : pas question de perdre contre l’Italie !

20h00 (heure anglaise) – Dans les tribunes

C’est l’heure. Installé dans les tribunes, le groupe est au premières loges pour assister à la mise en scène de l’arrivée des joueurs, un son et lumières impressionnant. Après tirage au sort, la France est considérée comme l’équipe visiteuse. Ce qui explique qu’elle joue avec son maillot rouge, et que la Marseillaise ouvre le bal. Comme une bonne partie du stade, très majoritairement français, le groupe la chante à pleins poumons. L’excellente acoustique de l’enceinte accentue l’impression de ferveur qui se dégage. Vient ensuite le bel hymne italien, puis c’est le coup d’envoi.

TwickSonLum

L’équipe de France domine, mais ne parvient que difficilement à convertir en points sa mainmise sur le ballon. Michalak touche le poteau, et les supporters du bois pour que la réussite arrive. Comme souvent, c’est la mêlée qui permet aux Tricolores de concrétiser leur domination au tableau d’affichage. 15-3 à la mi-temps. La seconde période démarre sur les chapeaux de roue avec l’essai de Rabah Slimani, son premier avec les Bleus. Mais les débats s’équilibrent, et malgré un second essai inscrit par Nicolas Mas, donnant de l’ampleur au score, l’impression reste tenace que le XV de France est loin d’avoir encore donné toute la mesure de son talent. Pourtant, l’essentiel est là, une victoire qui lance les Tricolores vers les quarts de finales.

Tourhonneur23h00 – Départ vers Londres

Retrouver le l’autobus n’a pas été facile. Il n’avait pourtant pas bougé. Mais la nuit n’a pas aidé le petit groupe à retrouver son chemin. On compte deux défections pour le trajet du retour. Rien de grave, seulement le souhait de poursuivre la fête sur place. Nous retrouverons les deux aventuriers le lendemain matin…
Le voyage de retour vers Londres est plus rapide que l’aller. Et si les voix sont un peu enrouées, elles sont encore suffisamment vigoureuses pour quelques chansons. On improvise une sono avec le micro de l’autobus et un téléphone portable pour le plus grand plaisir de notre chauffeur, Carlos, qu’on soupçonne d’avoir rallongé un peu le trajet pour pouvoir profiter au maximum des talents vocaux de ses voyageurs. Il est un peu plus de minuit lorsque le groupe arrive à l’hôtel. C’est l’heure des choix : profiter d’un repos bien mérité après cette longue et belle journée ou fêter la victoire des Bleus avec une boisson houblonnée dans une ville de Londres qui est loin d’être couchée. Seul impératif : être présent au rendez-vous fixé à 6h30 pour repartir vers Paris.

6h30 – Hôtel Doubletree

Dans le hall de l’hôtel, les mines accusent un peu la fatigue et les traits sont tirés. Une collation vite avalée, il faut partir pour Saint-Pancras où nous attend le premier train de la journée pour Paris. Un bonne partie des voyageurs qui attendent avec nous de pouvoir monter dans leur voiture ont assisté au match de la veille, et les discussions tournent autour de la victoire tricolore ternie par la grave blessure au genou de Yoann Huget. Dans le wagon, les conversations cèdent peu à peu la place au sommeil. Difficile, la vie de supporter de haut niveau !

12h30 – Paris Gare du Nord

C’est, déjà, la fin de notre périple. Les adresses facebook et courriels s’échangent, on remercie chaleureusement les accompagnateurs, Paul, l’Anglais, et Nicolas, le Français, qui ont réussi à ne pas perdre un seul membre du groupe. Bravo à eux ! Puis il est temps de se séparer, qui vers son métro, qui vers sa correspondance pour la province, des souvenirs plein la tête, un peu triste que cette belle aventure londonienne soit déjà terminée, mais heureux d’avoir eu le privilège d’en être, et fier d’avoir supporté l’équipe de France.

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