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Mar 18

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Inespéré

Après les défaites encourageantes et la victoire décourageante, le XV de France a innové ce samedi en obtenant un succès inespéré face au Pays de Galles.

Inespéré, parce qu’à l’exception des vingt premières minutes (comme en Irlande…) et des dix dernières (du temps réglementaire), les hommes de Guy Novès ont montré des lacunes offensives et des insuffisances disciplinaires qui ont fait le miel de Leigh Halfpenny et son redoutable coup de pied. Une victoire du Pays de Galles aurait été malheureusement assez logique tant les Tricolores ont manqué d’efficacité face à des visiteurs qui ont actuellement du mal à rééditer à l’extérieur les performances haut de gammes dont ils nous régalent dans leur antre du Principality stadium.

Sans être transcendants, les joueurs de Rob Howley (celui qui est chargé de garder la maison rouge en l’absence de Warren Gatland en mission pour les Lions britanniques), ont géré la rencontre en acceptant de laisser aux Français un ballon dont, de toute façon, ces derniers ne savaient pas vraiment que faire. Il y a bien eu quelques offensives tentées par les trois-quarts tricolores, une poignée de gestes brillants (Serin et sa spéciale, la chistera à l’aveugle, Fickou et sa mini-feinte de passe, Nakaitaci et ses renvois chapardés au nez et à la barbe des sauteurs gallois), mais trop souvent les attaques françaises ont fini en touche ou les ballons ont été rendus au pied à des Gallois qui n’en demandaient pas tant.

L’indiscipline française a encore été préjudiciable, six des onze pénalités concédées l’ayant été à portée de fusil de l’arrière gallois, auteur des 18 points de son équipe. Et si le XV du Poireau affiche des statistiques encore plus mauvaises (15 pénalités), il faut sans doute distinguer dans cette avalanche de fautes celles qui se sont succédées durant des arrêts de jeu incroyablement longs : pas moins de vingt minutes et une demi-douzaine de coups de sifflets pour autant de mêlées. L’arbitre anglais, Wayne Barnes, n’avait jusque là pas vraiment brillé par la qualité de ses interventions, affichant un manque de cohérence dans ses décisions assez remarquable, à tel point qu’on a pu se demander s’il ne s’agissait pas pour lui de rendre hommage aux joueurs du Grand Chelem de 1977, présents en tribune, en arbitrant les Bleus comme on avait coutume de le faire il y a quarante ans…

Mais force est de constater qu’il s’est surpassé dans la médiocrité durant l’interminable épilogue dyonisien, se mettant à dos les deux parties : les Français lui reprochant de ne pas accorder l’essai de pénalité que les multiples fautes galloises en mêlée auraient justifiées, les Gallois faisant de lui l’odieux complice d’un hold-up parisien orchestré par le staff tricolore soupçonné d’avoir demandé à Atonio de simuler une blessure pour le remplacer par Rabah Slimani, bien meilleur en dans l’exercice du joug. Au final, Wayne Barnes n’a pas sanctionné la manœuvre française tout comme il n’a pas cédé aux demandes répétées d’essai de pénalité formulées par Yoann Maestri et ses coéquipiers. Il a fallu un essai collectif, attribué à Camille Chat avant de l’être à Damien Chouly, pour permettre au XV de France de coiffer au poteau les Gallois et terminer à la troisième place du classement du Tournoi, meilleure performance tricolore depuis six ans.

Ce match restera dans l’histoire pour son final rocambolesque qui, il faut le reconnaître, a donné beaucoup de plaisir à des supporters un peu frustrés par les quatre-vingt premières minutes. Le demeurera-t-il comme celui qui a enfin fait basculer le XV de France de Guy Novès dans une spirale positive ? Rien n’est moins sûr. Car les valeurs de combattivité et de solidarité affichées par ses joueurs ce samedi ne seront pas suffisantes dans d’autres circonstances moins favorables et face à des formations plus efficaces que ces décevants Gallois.

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1 Commentaire

  1. jluc

    Justice ! cette victoire n’est que justice. Les Gallois, comme tous les adversaires de la France dans ce tournoi, hormis l’Irlande, n’ont pas montré grand chose face à nous. Si l’arbitre avait sanctionné de quelques pénalités à la portée de Lopez des fautes galloises évidentes (la plus belle étant l’entrée par le côté de Warburton dans un ruck sous les yeux de l’arbitre bienveillant à la limite des 22 m gallois), nous n’aurions peut-être pas eu besoin de cette interminable fin de match pour l’emporter.
    Au rayon des satisfactions : une défense solide (6 essais encaissés) et la meilleure du tournoi, une stabilité dans l’effectif même dans la défaite, un buteur fiable (Lopez meilleur réalisateur du tournoi avec 67 pts)
    Au rayon des insatisfactions : trop de fautes bêtes qui donnent des pts à l’adversaire (plus grand nombre de pénalités encaissée) et une attaque encore trop brouillonne.

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