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Déc 29

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Improvisation

Alors que les staffs des équipes nationales ont tendance à s’étoffer et brillent par leur stabilité, la Fédération française de rugby a innové en instaurant un encadrement variable pour le XV de France. Autour du nouveau sélectionneur, Jacques Brunel, des entraîneurs du Top14 interviendront dans le cadre de ce que, faute de terme plus adapté, on qualifiera de « piges ». Au moment où s’écrivent ces lignes, les premiers pigistes ne sont pas connus.

On a trop souvent critiqué l’immobilisme des institutions pour ne pas saluer une innovation lorsqu’elle survient. Mais là, franchement, on ne voit pas bien comment pourra fonctionner un tel dispositif. Même si Jacques Brunel forme le point fixe autour duquel viendront s’agréger les forces vives du managérat tricolore, comment pourra-t-il, sur des laps de temps courts, assurer la cohérence des démarches et définir un plan de jeu ambitieux ? Il est tentant de conclure que le sélectionneur réduira la voilure autour des fameux fondamentaux et de quelques combinaisons. Après tout, ne dit-on pas que les équipes nationales produisent rarement plus de trois ou quatre schémas offensifs ?

Néanmoins ces combinaisons ne sont que la partie émergée de l’iceberg. On osera une autre image, celle d’un bâtiment dont les plus belles finitions ne durent pas s’il n’est pas construit sur de solides fondations. Bon courage à l’architecte Brunel…

Habitué à des querelles d’ego qui s’accordent mal avec l’union sacrée qui semble aujourd’hui de mise, le rugby français ouvre une ère dont personne ne sait sur quoi elle débouchera. Les plus pessimistes envisagent le pire, qui débuterait par une cuillère bois (la dernière date de 1957) et se conclurait par une sortie anticipée en Coupe du monde, ce qui n’est encore jamais arrivé au XV de France. Les plus optimistes (et les partisans de Bernard Laporte) verront dans la démarche du patron de la FFR le moyen de faire enfin pleinement collaborer les acteurs du rugby professionnel à la réussite de la sélection nationale. C’est précisément l’absence de cette collaboration qui est principalement reprochée à Guy Novès. Reste à savoir si la méthode Laporte sera la bonne.

Mais si d’aventure Jacques Brunel enchaînait comme son prédécesseur les déconvenues, les adversaires du président de la fédération auront beau jeu de considérer cette méthode comme la marque de l’improvisation dont auront fait preuve les dirigeants de la FFR sur ce dossier.

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