Hymne à la joie

(Photo by FRANCK FIFE / AFP)

Ils n’avaient pas les faveurs des paris, et même parmi leurs supporters les plus acharnés, peu voyaient les joueurs de l’équipe de France l’emporter ce dimanche à Saint-Denis face à une Angleterre dont le sélectionneur, Eddie Jones, prétendaient qu’elle donnerait à son adversaire du jour une leçon de brutalité et d’intensité physique.

Et si, au fond de leur cœur, ces mêmes supporters espéraient que « l’effet Galthié » se ferait sentir dès ce premier match, ils ont dû se pincer en regardant le tableau d’affichage à l’heure de jeu : 24 – 0 pour les Bleus !

Certes, le score final, 24-17, illustre le chemin qu’il reste à faire au capitaine Charles Ollivon et à ses (très) jeunes coéquipiers pour devenir une équipe de nouveau crainte par la concurrence et espérer jouer autre chose que les faire-valoir dans un peu plus de trois ans. Mais si, d’aventure, ils parvenaient à hausser leur niveau de jeu au-delà de celui entrevu l’espace d’une première mi-temps remarquable, ils seront franchement parmi les favoris de la prochaine coupe du monde.

On dit que le secteur dans lequel il est le plus facile de mettre en rapidement en place des schémas tactiques efficaces, est la défense. Nous en avons eu confirmation ce dimanche. L’Anglais Shaun Edwards a déjà, c’est incontestable, mis sa patte sur celle des Tricolores, dont l’agressivité a terriblement gêné le XV de la Rose, ce dernier s’en sortant grâce a deux exploits personnels de Jonny May, aidé il est vrai par un des rares moments d’absence de la défense française durant le match.

Offensivement, les hommes de Fabien Galthié ont proposé quelques belles séquences qui leur ont permis d’inscrire trois essais splendides mais les marges de progressions sont énormes. Et c’est plutôt réjouissant.

Au rayon sinon des déconvenues, du moins des déceptions relatives, on citera le secteur de la touche, dans lequel les joueurs français se sont montrés maladroits, en particulier à proximité de leur ligne d’en-but, permettant aux Anglais qui n’en demandaient pas tant de se montrer dangereux. On pensait les Bleus bien armés dans ce domaine, davantage en tout cas qu’en mêlée, ce fut l’inverse – au moins en première mi-temps, avec en particulier un Mohammed Haouas performant et qui avait laissé son indiscipline proverbiale au vestiaire (il concéda une pénalité, contre deux à son remplaçant, Demba Bamba, rentré à 50ème minute). D’une manière générale, les « entrants » n’ont pas donné la même satisfaction que les titulaires. Les nombreux changements opérés par le staff dix minutes après le début de la seconde période ont coïncidés avec une perte de maîtrise du jeu côté français et la lente remontée au score des hommes d’Eddie Jones.

Mais même si, comme ses devancières, cette équipe de France est apparue beaucoup moins à l’aise en deuxième mi-temps qu’en première, celle-ci ne semble plus du tout disposée à laisser filer le gain du match. Malgré un flottement très perceptible dans ses rangs durant les vingt dernières minutes de la partie, elle a su mobiliser au mieux des ressources physiques que la récente préparation a contribué à lui apporter, pour contrecarrer les attaques anglaises, il est vrai peu inspirées. On lui souhaite de poursuivre ainsi ses bonnes résolutions, et cela dès dimanche prochain face à l’Italie.

Pendant, puis après la rencontre, le XV de France a suscité de nombreuses marseillaises dans le Stade et ses abords. Mais à en juger par les sourires tricolores, sur le terrain et en tribune au coup de sifflet final, c’est bien l’hymne à la joie qui aurait mérité d’être joué par les bandas. Avouez que ça aurait eu de la gueule, quelques heures seulement après l’entrée en vigueur du Brexit.

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