Guy Novès dans le texte

Certains pourront trouver fort opportune la sortie de « La tête haute », l’autobiographie que s’apprête à publier Guy Novès. Ils auront naturellement raison, mais on ne pourra pas reprocher à l’ancien sélectionneur viré par Bernard Laporte d’être à l’origine de la rupture de la bulle sanitaire prétendument constituée par le président de la FFR et son vice-président-covid-manager Serge Simon…

Guy Novès, l’homme le plus titré du club haut-garonnais et du rugby français (douze fois sacré champion de France dont deux comme joueur), intrigue par sa personnalité, secrète et ombrageuse et ne saurait laisser indifférent quiconque éprouve de l’intérêt pour le rugby tricolore.

Ceux qui s’attendent à découvrir dans l’ouvrage de l’entraîneur toulousain des révélations croustillantes et des secrets d’arrière-boutique toulousaines ou fédérales en seront pour leurs frais. Les autres, qu’ils soient supporters du Stade ou simples amateurs de rugby trouveront cependant dans « La tête haute » de quoi satisfaire leur curiosité.

Ce livre, écrit avec Jean-Louis Laffitte et Gregory Letort, restitue les grandes étapes de sa carrière, d’abord comme joueur puis comme entraîneur et enfin sélectionneur, en les illustrant d’anecdotes éclairant sa personnalité d’une lumière qui, sans être nouvelle, permet de mieux le cerner, si tant est que cela fût vraiment possible. On y retrouve ce qui, finalement, transparaissait lors de ses sorties médiatiques : fidèle en amitié comme en animadversion, Guy Novès n’oublie rien ni personne, et surtout pas ceux qui ont pu le décevoir ou, à ses yeux, le trahir. On sent, au détour d’une phrase ou d’une expression, que certaines blessures peinent à se refermer.

On le constate au fil des pages, Guy Novès n’est pas forcément enclin à pardonner. Néanmoins, si l’impression reste forte qu’il reste « droit dans ses bottes » quand il s’agit d’évoquer les épisodes les moins agréables de son parcours, on sent quand même pointer, ici l’esquisse d’une remise en question, là une concession.

Disons-le tout net, Guy Novès fait ici…du Guy Novès. Le ton trouvé par les co-auteurs du livre est particulièrement juste : en le lisant, on imagine très bien l’entraîneur toulousain distiller ses confidences avec, en coin, ce petit sourire bien à lui.

On regrettera peut-être que celui qui fut licencié par Bernard Laporte pour insuffisance de résultats et remplacé par un Jacques Brunel qui n’a davantage brillé par les siens, qu’il lâche un peu la bride à ses sentiments. Mais par pudeur ou, plus simplement, parce que sa personnalité s’y refuse, Guy Novès conserve par devers lui sa part de secret.

Et d’ombre.

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1 Commentaire

    • Benoit Jeantet sur 7 mars 2021 à 18 h 20 min
    • Répondre

    Oui, c’est exactement ça…

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