Guy Novès continue ses réglages

Guy Novès vient de donner la composition du XV de France qui affrontera l’Irlande samedi au Stade de France. Si elle n’a pas l’attrait de la nouveauté de sa devancière, cette deuxième feuille de match n’en est pas moins très intéressante, en ce qu’elle donne quelques indications sur la façon dont le staff envisage la gestion de son effectif.

Si l’on pouvait résumer d’une expression la pente vers laquelle incline Guy Novès et ses collègues, ce serait certainement : « le léger changement dans la continuité globale ». Ainsi, la première ligne titulaire face à l’Italie, décevante, est remplacée par celle entrée en deuxième mi-temps, à l’exception de Guilhem Guirado que la fonction de capitaine préserve d’une telle sanction, possiblement méritée au vu de sa performance globale de samedi. Rabah Slimani et Eddy Ben Arous prennent place à leur tour sur le banc, et se verront donc offrir une chance de montrer un visage plus avenant que celui affiché devant la Squadra azzura.

En deuxième-ligne, le choix d’aligner Alexandre Flanquart peut étonner, Paul Jedrasiak ayant été plutôt à son avantage la semaine dernière. De surcroît, la troisième-ligne Camara – Lauret – Chouly n’apparaît pas particulièrement dense physiquement. La présence de Flanquart, plutôt poids léger, interroge à cet égard. En revanche, on peut espérer voir la touche tricolore défendre pleinement ses chances avec au moins deux sauteurs émérites dans ses rangs. On précisera également qu’en dépit de sa carrure peu impressionnante, le deuxième-ligne parisien est réputé comme l’un des meilleurs pousseurs en mêlée du Top14. De quoi rassurer, éventuellement, ceux qui s’inquiètent pour le comportement du pack français face aux solides avants irlandais.

La charnière est inchangée. Voilà un signal fort adressé non seulement aux joueurs mais également aux médias. Critiqué pour son jeu insuffisamment précis et son manque de réussite au pied, Sébastien Bézy est maintenu à la mêlée, alors que Jules Plisson, lui aussi perfectible dans l’animation offensive samedi dernier, jouera à l’ouverture. On ne sait pas encore si le staff donnera à cette charnière le temps de s’installer, mais cela en prend le chemin, et c’est très bien comme ça.

Chez les trois-quarts, l’absence de Gaël Fickou pour des raisons familiales entraîne la titularisation pleinement logique de Maxime Mermoz, auteur d’une bonne rentrée contre l’Italie. Seule surprise, l’arrivée de Teddy Thomas à l’aile, alors que Hugo Bonneval n’avait pas démérité et que le numéro 14 du Racing a très peu joué depuis sa reprise de la compétition. Comme ses compères de la première ligne, Bonneval prend place sur le banc, affichant de surcroît une polyvalence de bon aloi qui permettra le cas échéant au staff de le faire entrer en jeu à la place de Maxime Médard.

Le Toulousain, sans avoir ébloui contre le XV transalpin, a rendu une copie très propre et mérite donc de revenir en deuxième semaine. Il devrait être sollicité par ses adversaires qui ne se priveront pas de lui adresser quelques chandelles que la pluie attendue sur le stade de France samedi rendra certainement délicates à négocier.

Guy Novès continue donc ses réglages, qui ne sont pas tous motivés par des choix tactiques (on pense à la blessure de Louis Picamoles). Mais d’une manière générale, on a le sentiment que le sélectionneur s’attache à stabiliser un groupe en devenir, qui doit travailler pour progresser et qu’il ne faudra donc pas vouer aux gémonies à la première déconvenue.

Une déconvenue, qui, reconnaissons-le, pourrait bien intervenir dès samedi, face à un adversaire arrivant à Paris avec une solide envie d’y remporter un deuxième succès d’affilé, ce qui ne lui est plus arrivé depuis 1928.

FRAIRL

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(1 commentaire)

    • Richard Escot on 12 février 2016 at 11 h 56 min
    • Répondre

    Hello l’Antoine,
    Cette compo a laissé les médias abasourdi. C’est du moins l’impression ressenti à Marcoussis. Six changements, dont deux liés à une blessure et une absence. Etonnant pour les quatre autres. Mais bien dans l’esprit du nouveau boss bleu. Pas de compromis.

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