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Fév 11

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Festival déchets

Les Bleus de Jacques Brunel ont enregistré leur deuxième défaite en deux matchs. Après avoir failli l’emporter sur le fil face à l’Irlande, ils ont cette fois laissé les Ecossais gagner dans les dernières minutes, en ayant mené au score durant la quasi-totalité de la rencontre. C’est une nouvelle déception à ajouter à la très longue liste des déconvenues tricolores, ouverte sous le mandat de Philippe Saint-André, il y a plus de cinq ans maintenant.

Qu’on nous parle de l’excellent état d’esprit du groupe français ou des deux beaux essais inscrits par l’ailier Teddy Thomas ne changera rien à l’affaire, mal embarquée, de ce XV de France pas plus efficace sous l’ère Jacques Brunel qu’il ne l’était avec Guy Novès. Si tant est qu’ils aient jamais regardé vers le haut, c’est vers la fin du classement que devront désormais lorgner Guilhem Guirado et ses coéquipiers. Il leur faudra gagner face à l’Italie à Marseille dans une quinzaine de jours pour abandonner à Sergio Parisse la triste cuillère de bois. Quant à espérer un succès devant l’Angleterre ou au Pays de Galles, il ne faudra pas trop y compter.

Les bonnes âmes se réjouiront certainement de ces deux essais inscrits par les Tricolores et de leur prestation très honorable en première mi-temps. Les autres soupireront devant les statistiques une nouvelles fois défavorables tant sur le plan de la possession que de l’occupation du terrain, et déploreront une discipline particulièrement déficiente à Murrayfield. Mais il n’est pas étonnant de constater que l’indiscipline française a coïncidé avec la domination offensive écossaise. Quand vous passez une grande partie du temps à défendre, vous vous exposez forcément aux coups de sifflet.

Le banc tricolore n’aura pas pesé sur les débats, à la différence de celui de son hôte, avec en particulier un David Denton qui a rappelé à tous ceux qui l’avaient oublié pourquoi il fut 26 fois titulaires avec le maillot écossais. Lionel Beauxis, titulaire par défaut après la vague de blessures chez les Bleus, aura justifié une mi-temps la hype dont il est l’objet, avant de sombrer avec l’ensemble de ses camarades. Maxime Machenaud a quant à lui profité de la bonne dynamique tricolore dans les quarante premières minutes. Blessé, il a cédé sa place à un Baptiste Serin médiocre comme tous ses camarades remplaçants. Parmi les plus grosses déceptions de ce match, on citera Geoffrey Palis, passé à travers, et Virimi Vakatawa, qui n’est plus que l’ombre du joueur qui illuminait l’équipe de France à 7 il y a trois ans.

On attendait des Ecossais revanchards après leur lourde défaite à Cardiff. Ils l’ont été, mais sans vraiment convaincre qu’ils sont les mêmes que ceux qui ont passé cinquante points aux Australiens l’automne dernier. Aussi brouillons que les Bleus, Stuart Hogg et ses coéquipiers ont multiplié les fautes de mains et les mauvais choix avant de se ressaisir en seconde partie de rencontre. Du déchet, il y en eut beaucoup chez les Français, malgré deux essais de belles factures et, plus globalement, de bonnes intentions. Mais comme au cinéma, on ne fait jamais grand chose de bien avec seulement de bonnes intentions.

Il n’y a désormais plus rien à attendre du XV de France dans ce Tournoi. Et il est à craindre que la disette se poursuive au moins jusqu’à la prochaine Coupe du monde.

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