Éviter la douche écossaise

Philippe Saint-André a dévoilé le XV de départ qui affrontera l’Ecosse samedi pour le compte de la première journée du Tournoi des six nations. On ne pourra pas vraiment parler de surprise dans la composition d’une équipe qui aura la lourde tâche de ne pas rater l’entame de la compétition.

Car malgré ce qu’on peut lire ici ou là, débuter par l’Ecosse ne sera pas une partie de plaisir.

D’abord parce que la France a rarement réussi ses matchs inauguraux face au XV du Chardon. Même s’il faut remonter à 1999 pour trouver trace d’une défaite à domicile devant cette équipe, un grand nombre de succès tricolores ont été obtenus au prix d’un jeu plus axé sur le combat que sur les envolées de trois-quarts, où la fébrilité se ressentait davantage que la complicité entre des joueurs trop fraîchement rassemblés pour huiler les automatismes. Même si les internationaux français ont bénéficié d’une période de stage de près de quinze jours avant cette rencontre, on sait que les conditions dans lesquelles celui-ci s’est déroulé n’ont pas été optimales, loin s’en faut.

Ensuite, le XV écossais sort d’une tournée d’automne plutôt réussie, avec un succès sur l’Argentine et une performance remarquée devant les All Blacks. Certes, les Pumas avaient sans doute ciblé le match de la France plutôt que celui de l’Ecosse, s’impliquant moins dans la confrontation de Murrayfield que dans celle du Stade de France. Certes, les Néo-Zélandais avaient aligné une équipe bis manquant quelque peu d’humilité face à un adversaire réputé bien plus faible. Il n’en demeure pas moins que le XV du Chardon a démontré qu’il avait retrouvé du piquant. Nul doute que le sorcier Vern Cotter n’y est pas étranger.

Face à cette équipe très mobile, qui aime créer le désordre (ce qui n’est pas forcément pour plaire aux Français), Philippe Saint-André a fait le choix d’aligner un pack « de compromis » avec une deuxième-ligne pas connue pour être « cavaleuse » mais une première-ligne plutôt joueuse et une troisième-ligne taillée pour le large. Plus globalement, c’est une formation de combat qui semble avoir été préparée. Les deux flankers tricolores, Bernard Le Roux et le capitaine Thierry Dusautoir, sont des machines à découper tout ce qui porte le maillot adverse. Le demi-de-mêlée, Rory Kockott, physiquement plus costaud que Morgan Parra, sera certainement mis à contribution au ras des regroupements, et la paire de centre formée de Wesley Fofana et Mathieu Bastareaud devrait densifier le milieu de terrain, tout comme Scott Spedding à l’arrière.

Si le XV de France peut compter sur deux excellents finisseurs avec Yoann Huget et Teddy Thomas, la question est posée de savoir comment ils seront alimentés en ballons négociables. Mathieu Bastareaud a affiché de réels progrès en termes de continuité du jeu, mais son association avec le Clermontois Fofana n’a jusqu’à présent pas vraiment convaincu dans ce domaine.

Autre question, celle du rendement de la charnière Kockott – Lopez. La grinta du premier et l’état de forme exceptionnel du second constituent des ingrédients plutôt séduisants dans ce nouveau cocktail préparé par un staff tricolore qui n’a pas souhaité associer une paire 9-10 « de club » avec Rémi Talès. Il faut dire que les résultats du Castres olympique ne plaident pas vraiment en faveur d’une telle association. La blessure de Sébastien Tillous-Borde a rebattu les cartes. A son concurrent castrais d’en profiter.

Ragaillardie par l’arrivée de Vern Cotter, l’équipe d’Ecosse ne se présentera pas en victime expiatoire samedi prochain. Pour espérer la battre, le XV de France devra serrer les rangs sans renier ses ambitions de jeu, ambitions qu’il a semblé retrouver par intermittence l’automne dernier. Mais il ne faut pas s’y tromper. L’objectif est de gagner quelle qu’en soit la manière. Pour éviter une douche écossaise qui prendrait nécessairement des allures de naufrage annoncé.

Compo

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