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Juil 03

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Euros qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage…

L’information est sortie dans le Journal du Dimanche. Les internationaux français ayant participé à la tournée estivale en Afrique du Sud ont pu toucher jusqu’à 30.000€ de primes pour disputer les trois test-matchs qui se sont conclus par autant de défaite pour le XV de France.

Pour certains, journalistes comme simples amateurs de rugby, la facture est difficile à avaler. Encaisser un chèque équivalent à deux SMIC annuels pour  des résultats aussi calamiteux, voilà qui peut facilement donner le sentiment que la FFR a une drôle de façon de récompenser des garçons qui n’ont pas précisément atteint leurs objectifs. Pour d’autres, il faut accepter qu’avec le professionnalisme, le rugby est passé à un stade qui n’est plus celui de Lucien Mias et ses copains, qui partaient au pays des Springboks en posant des jours de congés – parfois sans solde – et dont les défraiements leur permettaient à peine de se payer des cartes postales pour écrire aux leurs. Les plus cyniques affirmeront certainement qu’avant, ceux qui accomplissaient ces voyages au bout du monde en revenaient heureux et qu’aujourd’hui, ils le font surtout pour les Euros…

Désormais, les joueurs de rugby vivent de leur sport. Et il ne semble pas anormal que ceux qui sont sélectionnés pour disputer des matchs sous le maillot bleu soient rémunérés pour cela. Néanmoins, il faut reconnaître que la situation actuelle de notre sport préféré accroît l’impression d’inadéquation des sommes versées aux internationaux.

Dans une société où le chômage est important et où les inégalités sont fortes, le signal adressé par ces primes avait toutes les chances d’être perçu négativement. Pour autant, il faut se garder de toute tentation de poujadisme à bon compte. D’autant que bien avant le professionnalisme, la qualité d’international a toujours offert des avantages aux intéressés et ouvert des portes restées fermées à ceux qui n’en disposaient.

Pour autant, il ne serait pas inutile de se pencher sur ce système de primes et en revoir le mécanisme.

L’exemple du football est, à cet égard, intéressant. La FFF a mis en place un système de primes dépendant en grande partie des résultats de l’équipe de France, même s’il existe un « fixe » lié aux droits d’image, à peu près équivalent à ce qu’on touché les joueurs du XV de France en Afrique du Sud. D’autres pistes pourraient être examinées pour rapprocher davantage les rémunérations des performances, d’autant que les matchs internationaux se prêtent parfaitement à cette démarche qui contribuerait à renforcer les leviers de motivation des sélectionnés.

Histoire de conjuguer euros et voyages heureux…

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