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Nov 25

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Etique et toc

C’est donc sur la plus improbable des défaites que le XV de France a conclu sa tournée d’automne. Improbable, du moins pour tous ceux qui, envers et contre tout, l’optimisme chevillé au corps, pensaient que les Fidjiens et leurs neufs défaites pour autant de confrontations avec les Bleus ne représenteraient qu’une menace très relative, l’espace d’une heure de jeu tout au plus, avant que leurs démons habituels ne leur fassent perdre le fil de leur jeu.

La triste réalité des faits a rattrapé les Tricolores qui s’étaient certainement vus un peu trop beaux après leur succès lillois devant des Pumas qui ne sont plus – du moins pour le moment – les épouvantails du rugby mondial qui faisaient chuter le XV de France avec une agaçante régularité il y a encore trois ans.

La victoire fidjienne, dans un Stade de France déserté par le public, doit d’abord aux joueurs du Pacifique eux-même. Il faut les saluer comme les beaux vainqueurs qu’ils sont, malgré toutes les imperfections de leur jeu. Leur envie de bousculer enfin la litanie des statistiques défavorables n’a eu d’égale que leur rigueur, une rigueur peut-être apprise dans le Top14 qui accueille un grand nombre d’entre eux, mais qui ne saurait néanmoins servir d’excuse pour expliquer le naufrage français.

Car c’est à un naufrage auquel il nous a été donné d’assister hier soir. Celui d’un rugby dans son ensemble, étique dans le jeu, dans ses ambitions et sa mise en œuvre. Il ne faut pas seulement blâmer les joueurs – dont on peut s’interroger sur le niveau et leur capacité à répondre aux exigences des joutes internationales, ou leur encadrement – les réactions de Jacques Brunel au micro de France télévision ont semblé totalement déconnectées des réalités, mais également l’ensemble du rugby français, à commencer par les responsables fédéraux.

A force de déni – volontaire ou non – les acteurs de l’ovalie hexagonale n’en finissent pas de creuser la tombe du rugby de haut niveau tricolore. Toutes les mesures annoncées qui devaient donner au XV de France des chances d’exister au plan international s’avèrent autant de cautères sur une jambe de bois, ce bois dont sont visiblement faites les langues des dirigeants de ce sport.

A force de superficialité dans l’approche des problèmes, une superficialité favorisée par les divergences d’intérêts particuliers qui caractérisent les relations formation/ clubs pros / équipe nationale, le vernis des vertus françaises censées pallier les insuffisances tactiques et techniques a fini par s’écailler pour laisser apparaître la réalité d’un rugby de seconde zone, que seuls les moyens financiers des clubs professionnels fait paraître puissant.

Un rugby étique et toc, en somme.

 

 

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