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Juin 14

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…et à la fin, c’est Clermont qui perd

20150613_231035_001Les Auvergnats superstitieux qui voyaient dans les hasards du calendrier une raison de s’inquiéter auront eu raison. Hier, samedi 13, l’ASM Clermont-Auvergne a perdu la treizième « grande finale » de son histoire, la onzième en Championnat de France auxquelles s’ajoutent les deux rendez-vous ratés de Coupe d’Europe.

Cette fois, c’est le Stade français qui a endossé le rôle du bourreau des espoirs clermontois, et plus particulièrement Morne Steyn, auteur des douze points de son équipe, un total suffisant pour l’emporter. Ce score, le plus pauvre depuis le Toulouse – Bourgoin de 1997, reflète ce que fut la rencontre : un duel de buteurs dans une confrontation cadenassée, symbolique de ce qu’est devenu le rugby, désormais sport de carambolages plutôt que d’évitements.

Diminuée par les blessures (Wesley Fofana, Jonathan Davies, Noa Nakaïtaci pour ne citer que les trois-quarts), et, peut-être, par les choix de son staff (on pense naturellement à Julien Bonnaire et Vincent Debaty), l’ASMCA n’a pas eu le rendement offensif attendu, à des années-lumière du chef d’œuvre offert lors du match européen l’ayant opposé à Northampton. Sans grande inspiration ni efficacité, gênée par l’activité défensive parisienne, l’attaque auvergnate n’a que rarement inquiété son adversaire. Une fois de plus, Camille Lopez a déçu, justifiant en creux le choix de Philippe Saint-André de ne pas l’emmener à la prochaine Coupe du monde.

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La pénalité qui aurait – peut-être – tout changé.

Que ce soit au pied ou la main, l’ouvreur clermontois n’a jamais pesé sur le jeu. Son compère à la mêlée, Morgan Parra, n’a pas plus convaincu. Après leur première mi-temps médiocre, l’entrée en jeu de Brock James en seconde période a permis aux Jaunards de revenir dans le camp parisien et de s’y montrer dangereux, faisant regretter aux supporters auvergnats le choix de Franck Azéma de lui préférer Lopez. Mais comme le titulaire, et comme le buteur numéro un, Morgan Parra, le remplaçant australien a failli au pied, ratant à quelques minutes du terme de la partie la pénalité de l’égalisation à neuf partout qui aurait pu permettre à l’ASM de faire vraiment douter le Stade français voire, pourquoi pas, de l’emporter sur le fil.

Ce nouveau raté, portant à neuf le nombre de points oubliés en route par les Auvergnats, a redonné le coup de fouet nécessaire aux parisiens pour assurer leur victoire. Une ultime offensive dans le camp adverse, sanctionnée par une pénalité, a finalement donné à Morne Steyn l’occasion de terminer la rencontre comme il l’avait débutée, par un coup de pied tranquillement réussi, portant la marque définitive à 12-6 et renvoyant les Clermontois à leurs tristes démons.

Ce bouclier de Brennus, Paris l’a amplement mérité. Après une saison régulière d’excellente tenue, les hommes de Gonzalo Quesada sont montés en puissance lors des phases finales, s’appuyant sur un pack solide et une ligne de trois-quarts puissante et dynamique.

En début de rencontre, le Stade français a surtout défendu, encaissant sans s’affoler les coups de butoir de Clermontois puis occupant intelligemment le camp de son adversaire grâce à la botte de son ouvreur en forme internationale. Dominateur en mêlée, le club parisien a également profité d’une nouvelle brutalité de Julien Bardy (pléonasme) pour jouer en supériorité numérique et creuser l’écart. Menant 9-3 à la mi-temps sans qu’on puisse trouver à Clermont de bonnes raisons d’espérer inverser la tendance, le Stade français a pourtant laissé les Jaunards revenir dans la partie. Deux pénalités assez facile ratée par Morne Steyn ont coïncidé avec un temps faible des Parisiens. Mieux organisés avec Brock James à la baguette, les Clermontois n’ont néanmoins pas profité de ce moment d’égarement, les soldats roses (qui jouaient en blanc…) resserrant opportunément les boulons pour remporter son quatorzième bouclier de Brennus au plus grand bonheur de ses supporters en liesse.

Quelques jours avant la finale, on évoquait sur ce blog le remake de 2007. Le terme n’était pas mal choisi, avec un résultat identique et le sentiment tenace que l’original d’il y a huit ans était de bien meilleure qualité.

Encore défait, réalisant cette année un bien triste doublé Top14 – Coupe d’Europe, Clermont va devoir repenser de fond en comble sa stratégie globale et réfléchir à la manière de mettre fin à ce qui ressemble de moins en moins à une malédiction et de plus en plus à une sale habitude.

 

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1 Commentaire

  1. jluc

    « on a fait un match pourri… mais on est champion de France ».
    Ce commentaire de Quesada résume à peu-près tout sur cette purge de rugby (une de plus dans les phases finales du « meilleur » championnat du monde) qu’était cette finale. Si le rugby moderne consiste à mettre les barbelés et à provoquer la faute à 40-50m de l’en but adverse pour enquiller 3 pts, je pense qu’il va dans le mur et que les belles projections financières de la FFR et de la LNR seront à revoir.

    Et si la formule du championnat de France de rugby sacre une équipe 4è de la saison régulière (la 2è fois en 3 ans), qui se l’est coulée douce en coupe d’Europe (la grande ou la petite) et a eu 3 we de récupération de plus au printemps (pas de phases finales de coupe d’Europe), il me semble qu’il y a là un gros problème d’équité sportive.
    Le parallèle avec la saison 2012-2013 est trop flagrant pour ne pas se poser quelques questions. Si la grande fête du rugby (la finale ) doit perdurer, je rejoins Laporte quand il dit qu’elle doit opposer le 1er et le 2nd de la saison régulière. En 5 ans, voir 2 fois le 2è et 2 fois le 6è en finale, ça ressemble plus à une finale de coupe de France à qu’à une finale de championnat de France. Pour faire un autre parallèle montrant l’inéquité de la formule actuelle, que dirait-on si les 2 relégués n’étaient pas les deux derniers de la phase régulière mais les 2 plus mauvais d’un play-down entre les 6 derniers du championnat ?

    2015 : SF champion avec 4 pénalités
    2014 : Toulon champion avec 5 pénalités et un drop
    2013 : Castres champion avec 2 pénalités, 2 drops et 1 ESSAI
    2012 : Toulouse champion avec 6 pénalités
    2012 : Toulouse champion avec 5 pénalités

    Vive le rugby moderne du meilleur championnat du monde !

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