Du Nord au Sud, et du Sud au Nord (2ème partie)

Deuxième partie de l’article de François-Xavier consacré à son périple à travers le Japon, en vue d’assister aux rencontres du XV de France face aux États-Unis et aux Tonga. Le rugby reprend ses droits…

Pas plus que les trains japonais, l’horaire d’ un match international n’attend. Une nouvelle étape m’a propulsé toujours plus au sud vers Fukuoka, site de la rencontre France-USA.
Cela m’ a amené à quitter l’île principale d’Honshu pour gagner l’île de Kyushu en traversant un bras de mer, vite avalé par le Shinkansen, version locale du TGV. Sa ponctualité et son confort, autant que j’ai pu le constater, sont à la hauteur de sa réputation.

A Fukuoka, j’ ai abordé une agglomération plus que respectable à l’aune hexagonale. Un aspect que je qualifierais de plus méridional se fait sentir : l’espace se détend, la ville se fait plus bonhomme. Les habitants de Kyushu sont considérés au Japon comme des fiers-à-bras, hauts en couleurs et forts en gueule. En outre, le temps se fait plus clément. La chaleur est plus sèche et, pour moi, plus supportable et le soleil s’ impose vite.

Cela ne nous a pas privé d’ une petite drache au moment de la Marseillaise mais qui s’ est limitée à moins d’ une minute. Les caméras, dûment encapuchonnées, me laissaient pourtant présager du pire.
Après la minute de silence dédiée au Président Chirac, ami de longue date du Japon, les hostilités sont lancées. Dans ce stade aux allures rurales, englobé dans un écrin de verdure, peuplé de 17.660 spectateurs, les bleus lancèrent un jeu rapide à la main pour exploiter les failles des Eagles.

Toutefois, les joueurs cèdent trop souvent à mon goût à la tentation de l’exploit individuel. Associé à des mains qu’ont croirait parfois enduites de saindoux et des passes que l’on qualifie généralement « de maçon », le score ne décolla pas aussi vite qu’ il aurait pu. Le troisième essai, ainsi qu’un vent frais, firent mieux respirer les supporters des Bleus. Après la victoire contre une équipe d’Amérique du sud vient celle devant une équipe d’Amérique du nord. Le planchot continue de tourner dans le bon sens mais j’ai toujours de l’insatisfaction à voir des joueurs les mains aux hanches lors des phases de temps dit mort.

Quelques jours plus tard, nous gagnons donc le stade de Kumamoto, éloigné d’ une grosse demi-heure de transport automobile du centre-ville. Au milieu des 28.477 spectateurs, j’ ai assisté à la qualification de l’ équipe de France pour les quart-de-finales. Le score est identique à celui enregistré contre l’ Argentine, mais je reconnaîs que j’ y ai éprouvé plus de plaisir. Les faiblesses des Bleus sont connues et ont continué à tirer la qualité du jeu vers le bas. J’ai toutefois vu un rugby plus ouvert, de l’aggressivité de bon aloi, de l’improvisation habile, bref, beaucoup de choses qui se rapprochent de mon idéal rugbystique…

Aujourd’ hui, cap au Nord vers Kyoto, vers ce Japon resté dans l’ère Edo.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/du-nord-au-sud-et-du-sud-au-nord-2eme-partie/

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.