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Déc 23

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Drôle d’endroit pour une rencontre

Vendredi soir, la U Arena accueillait le premier match du Racing 92 qui y jouera désormais l’essentiel des ses rencontres. Quelques semaines après un triste France – Japon, disputé au même endroit, Renvoi aux 22 est revenu sur les lieux. Petit compte-rendu d’une expérience mitigée…

Force est de le constater, la U Arena est bien plus accessible que le vieux stade de Colombes, qu’on ne ralliait depuis Paris qu’au prix d’un pénible et long déplacement. Nichée à quelques encablures de l’esplanade de la Défense, l’enceinte est « presque » dans la ville, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités. En revanche, y pénétrer réclame beaucoup de patience. La faute à un personnel chargé de la fouille sous-dimensionné face à 30.000 personnes. Si les organisateurs ont voulu voir grand pour leur stade, il n’en est pas de même pour le filtrage de sécurité, qui sent les économies de bout de chandelle.

Il faut donc prévoir d’arriver un bon moment avant le coup d’envoi pour ne pas risquer de le rater. Une fois dans les lieux, les spectateurs des gradins supérieurs doivent emprunter des escaliers fort escarpés avant de pénétrer dans les coursives où les attendent des bars avec leur organisation scientifique (on commande, on paie et on va chercher son bien) et leurs pompes à bières dernier cri qui emplissent les verres en lumières et par le fond des récipients. C’est très très joli. Très cher aussi, puisqu’il faut compter sept euros pour quarante centilitres (et hop, un petit tour de passe-passe…).

Lorsqu’on pénètre enfin dans les tribunes proprement dites, l’effet est saisissant. Le côté confiné, le toit peint en noir, comme les gradins, la sono à fond vous font sentir qu’il s’agit bien d’une salle de spectacle accueillant un match de rugby et non un stade recevant des spectacles. Les lumières, situées non pas à l’aplomb du terrain mais sur les côtés complètent cette impression, tout comme l’absence de tribunes derrière l’un des deux en-buts.

L’écran géant situé dans cet espace sans gradin est aussi grand qu’inutile. Pendant tout le match, il se contentera d’afficher les scores et quelques informations dont on ne voit pas bien l’intérêt de les diffuser sur 1600m². On apprendra plus tard qu’il était « neutralisé » la plupart du temps pour éviter de gêner l’équipe jouant face à lui. Autant pour les grandes promesses de Jacky Lorenzetti d’en faire un outil de « show ».

Une fois assis, on constate que la forte pente des gradins permet d’offrir aux spectateurs une très bonne vue du terrain, même dans les rangs les plus élevés. En revanche, des problèmes de visibilité subsistent toujours à quelques endroits. Là encore, ce sont les limites d’une salle de spectacle qui n’a pas pour objectif d’offrir une vision à 180° de la fosse d’orchestre mais seulement de la scène…

La température ambiante est très douce, ce qui surprend les habitués des matchs hivernaux, qui doivent rapidement enlever leurs anoraks sous peine de transpirer d’abondance. On ne se plaindra pas de ce confort, et pas plus du moelleux des sièges rembourrés même en « populaire ». Il paraît que cette température a rendu glissant le ballon. C’est ballot. Mais fort pratique en tout cas pour excuser les innombrables fautes de main qui ont émaillé la rencontre entre Racingmen et Toulousain. Mince, et nous qui pensions qu’en salle le rugby allait gagner en qualité.

Si la vue est imprenable sur le terrain, la sonorisation est assez décevante. Pas celle qui permet au redoutable speaker du Racing de hurler dans nos oreilles, mais l’environnement acoustique qui, dans n’importe quel stade, permet d’entendre ou, du moins, de percevoir l’ambiance de la pelouse. On ne saurait trop conseiller la mise en place de micros au sol pour relayer celle-ci au niveau des cintres, afin que le match situé plusieurs dizaines de mètres plus bas ne donne pas l’impression de se disputer comme derrière une vitre.

Enfin, si la U Arena offre des conditions de confort et de divertissement sans égal, permettant notamment de créer des animations lumineuses et sonores impressionnantes, on espère que les organisateurs limiteront celles-ci dans des proportions acceptables, et ne prendront pas les spectateurs pour des andouilles en leur faisant passer pour un « son et lumières » un clip promotionnel pour une marque partenaire diffusé à la mi-temps.

Au coup de sifflet final, les gradins se vident rapidement. Las, les coursives ne désemplissent pas, en raison d’une évacuation très ralentie, la foule s’agglutinant autour de sas de sorties trop peu nombreux et congestionnés (des sorties « de secours » restant closes jusqu’à ce qu’une partie du public ne décide de les emprunter avec raison). Pour tout dire, on souhaite ne pas se trouver là si un jour un incident se produisait qui nécessiterait une évacuation rapide. On espère vivement que les responsables du site prendront les mesures qui s’imposent.

Lorsqu’enfin on retrouve le parvis, le sentiment qui domine est assez mitigé. D’évidence, ce sport a basculé dans une dimension nouvelle qu’on n’est pas certain de cautionner.

De ce drôle d’endroit pour une rencontre, on se plaît à penser qu’on y reviendra, mais peut-être pas pour y assister à un match de rugby.

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