Droit dans le mur

Comme le dit l’adage, c’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon. Et hier soir, sur la chaîne fondée par un entrepreneur spécialiste du béton précontraint, le sélectionneur du XV de France n’est pas franchement parvenu à convaincre les supporters qu’il serait l’architecte d’un quelconque succès au Japon. Pire, l’impression est désormais tenace que ce groupe n’est pas tant au pied du mur que bien parti pour y aller tout droit.

Plus encore que l’annonce sans relief des sélectionnés pour le voyage nippon, c’est la conférence  de presse du sélectionneur diffusée sur Youtube qui aura ouvert les yeux aux plus optimistes. Entre réponses évasives et aveux incroyables (« je ne connaissais pas Cros »…), Jacques Brunel n’a pas seulement peiné à justifier ses choix mais également laissé entrevoir la guerre d’influence qui se joue au sein du staff de l’équipe de France.

Alors qu’on imaginait une sélection tournée vers le jeu « à haute intensité » prôné par Fabien Galthié, le choix de retenir Louis Picamoles plutôt que le toulousain François Cros donne le sentiment que Jacques Brunel a souhaité rappeler au futur sélectionneur qu’il est encore le patron. Et qu’en cette qualité, il lui revenait d’imposer ses choix, fussent-ils contradictoires avec la nouvelle doxa galthiéenne. Ce n’est qu’une hypothèse, mais le profil du Montpelliérain correspond tellement peu aux canons de jeu promus depuis l’arrivée de Fabien Galthié dans le staff qu’il est difficile de ne pas la formuler.

Il ne faut cependant pas s’arrêter au seul cas de Picamoles. Ce n’est pas lui seul qui pourrait faire gagner le XV de France. En revanche, ce qui devrait puissamment contribuer à faire rentrer tout ce beau monde à la maison dès le 14 octobre, c’est de recourir à une espèce d’entre-deux où les nouveaux prometteurs pourraient être davantage desservis qu’aidés par des plus anciens en perte de vitesse (Guilhem Guirado) ou apparemment sélectionnés sur leurs qualités physiques (Le Roux, Lauret), quand leurs qualités balles en mains apparaissent beaucoup moins évidentes.

Qu’un Vakatawa, par exemple, soit retenu, lui qui était pourtant absent en sélection depuis février 2018 et appelé de dernière minute dans le groupe pour pallier la blessure de Geoffrey Doumayrou, alors qu’à l’inverse un Félix Lambey, couvé par le staff depuis plusieurs mois, soit finalement recalé, en dit long sur l’absence de ligne vraiment claire de la part des sélectionneurs.

A cet égard, la France est sans doute la seule parmi les dix premières nations mondiales à afficher autant d’incertitudes pour son XV de départ, à trois semaines d’un match déjà capital face à l’Argentine qui pourrait, déjà, sonner le glas d’une aventure bien mal engagée.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/droit-dans-le-mur/

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.