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Avr 30

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Deuxième degré

Interviewé en zone mixte après la victoire de son équipe face à Castres samedi, le président du RC Toulon, Mourad Boudjellal s’est laissé aller à une déclaration qui a, pour le moins, fait réagir le monde du rugby et au-delà. Tout à sa satisfaction d’un succès garantissant au RCT un barrage à domicile et lui offrant par voie de conséquence de bonnes perspective de demi-finale à Lyon, « Mourad de Toulon »  a implicitement fait référence à l’une des polémiques secouant actuellement le football français, qui oppose les président de l’Olympique de Marseille et celui de l’Olympique lyonnais.

Le turbulent dirigeant varois a ainsi déclaré que Toulon « avait envie d’aller tout casser chez Jean-Michel Aulas (…) parce qu’il le mérite bien ». Inutile de dire que ces propos n’ont pas du tout été apprécié par le club lyonnais et qu’ils ont suscité la réprobation des dirigeants du rugby français (Paul Goze s’est fendu d’un tweet sur le sujet) et d’un certain nombres d’acteurs du ballon ovale hexagonal, consultants, joueurs, journalistes.

Habitué des provocations et des déclarations à ne pas prendre au pied de la lettre, le président du RCT s’est d’ailleurs prévalu d’un trait d’humour au second degré pour tenter de dégonfler le début de polémique auxquels les réseaux sociaux ont servi de caisse de résonance.

Le fait est  qu’on a connu Mourad Boudjellal plus heureux dans ses sorties. Les tensions qui traversent le monde du football n’ont pas besoin qu’on les ravive, d’autant qu’elles peuvent parfois donner lieu à des débordements concrets dans les stades et leurs abords. Et à la différence de ses supporters qui pour certains ne comprennent pas la désapprobation manifesté à l’égard de leur président, la voix du dirigeant du RCT n’est pas n’importe laquelle. Elle porte.

Mourad Boudjellal ne peut ignorer que ses prises de position, même au second degré, ne sont pas celles d’un supporter lambda. Son influence médiatique est loin d’être négligeable et, qu’il le veuille ou non, donne un écho très important aux propos qu’il peut tenir. Même si cela doit lui être certainement pénible, il ne peut plus désormais se laisser aller aux bons mots ou aux saillies provocatrices sans mesurer leur portée et leurs conséquences.

Cela étant, Mourad Boudjellal a visiblement pris la mesure du phénomène à en juger par la façon dont il a rapidement cherché à calmer le jeu et expliqué qu’il n’y avait pas d’intention belliqueuse dans sa volonté de « tout casser » à Lyon. Tous ceux qui suivent le rugby en général et Toulon en particulier n’en doutaient pas un instant. Cette mise au point était néanmoins nécessaire. Désormais, le sujet est clos et ne mérite certainement pas qu’on y revienne.

Gageons que les prochaines punchlines du président toulonnais seront plus adroites, sans rien perdre, naturellement, de leur caractère polémique, marque de fabrique du plus deuxième degré des présidents du Top14.

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