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Mai 17

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Des essais au bout du monde

Entre l’annonce d’une liste de 65 joueurs susceptibles d’être appelés à disputer la coupe du monde et le départ anticipé de Philippe Doussy, l’un des entraîneurs du XV de France, le navire tricolore aux allures de galère continue de donner la tenace impression qu’il navigue à vue.

On comprend bien qu’il faille resserrer dès maintenant le champ des sélectionnables, d’autant que World Rugby fait obligation aux nations participantes de produire une liste de cinquante noms dans les prochaines semaines. Mais d’y voir figurer certains joueurs qui n’ont jamais revêtu le maillot bleu jusqu’à aujourd’hui laisse pour le moins perplexe.

Sur ce point, la comparaison avec les meilleures équipes mondiales contribue à alimenter le pessimisme. Quand Jacques Brunel (ou Fabien Galthié ?) en est encore à envisager d’intégrer des néophytes au niveau international ou de rappeler des internationaux qui n’ont plus goûté à ce niveau depuis plusieurs mois (voire davantage), la concurrence affine ses listes et se prépare à entrer dans le « réglage fin » indispensable à tout candidat au titre suprême.

Bernard Laporte lui-même a bien été obligé de reconnaître que sortir de son groupe qualificatif constituait désormais pour le XV de France un objectif à part entière, qui signerait  « une coupe du monde réussie » s’il se qualifiait ainsi pour les quarts-de-finale. Et les montées en puissance anglaise (voir la performance des Saracens en finale de Champions Cup) et argentine (voir les derniers matchs des Jaguares en Super rugby) font craindre que, pour la première fois de son histoire, l’équipe tricolore fasse ses valises au bout de quinze jours de compétition.

A lire cette fameuse liste des 65, on a le sentiment que la FFR comme le staff du XV de France sont assis entre deux chaises, ne sachant pas s’il faut jouer le jeu de la compétition qui débutera dans quatre mois ou s’en servir comme d’un galop d’essai pour la suivante. Un sentiment exacerbé par la valse des adjoints de Jacques Brunel, qui comptera dans ses rangs une bonne partie du staff amené à lui succéder, une première là encore. Pour dire le vrai, on n’en voudrait pas vraiment à ces coaches de poursuivre leurs essais au Japon, en donnant à une majorité de « jeunes » internationaux un temps de jeu aussi important que possible, synonyme d’expérience pour le véritable objectif, en 2023.

Si perdre au Japon peut permettre de gagner en France, cela mérite qu’on y songe sérieusement, si ce n’est déjà fait.

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