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Mar 18

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Dans l’urgence, comme d’habitude

L’équipe de France de rugby a conclu son Tournoi 2019 par une victoire en Italie, victoire dont le score ne reflète pas les difficultés avec lesquelles celle-ci a été obtenue. Un adversaire moins maladroit et moins entêté à chercher les pénaltouches aurait certainement disposé sans frémir d’un XV de France au périgée de son art.

La triste confrontation latine a cruellement souffert de la comparaison avec le rugby proposé par les deux rencontres qui ont suivi le brouet romain, le plus difficile à digérer pour les supporters tricolores étant peut-être le match Angleterre – Ecosse et la splendide remontée des joueurs de Gregor Townsend, à deux doigts de créer la sensation. Quelle magnifique leçon d’abnégation et, tout simplement, d’envie dispensée par une équipe transfigurée par le retour de son ouvreur Finn Russell !

Alors qu’il ne reste que six petits mois avant la coupe du monde au Japon, le XV de France affiche la médiocrité d’une équipe de deuxième division internationale dont les chances de sortir des poules qualificatives apparaissent aujourd’hui bien maigres. Alors, comme d’habitude, l’état d’urgence est déclaré par le président de la Fédération, qui, dit-on, veut renforcer l’encadrement de l’équipe nationale. Le nom de Fabien Galthié a même été avancé.

Dans cette course de fond qu’est une coupe du monde, la Fédération française essaie de faire croire que tout peut se jouer dans le sprint final. Et ce, malgré le précédent de 2015, qui n’avait pu gommer les carences techniques et tactiques du XV de France avec la déroute que l’on sait en quart-de-finale.

Ne nous y trompons pas, la venue d’un ou deux techniciens pour pallier les insuffisances d’un staff inexpérimenté et inefficace ne serait qu’un cataplasme sur une jambe de bois. De quoi soulager la conscience de celui qui l’apposera, mais pas davantage, il faut le craindre. Car le rugby international moderne, celui du plus haut niveau, s’entend, n’accepte plus la moindre approximation. Les vertus guerrières ne suffisent plus à garantir l’inviolabilité des en-buts, pas plus que les bonnes intentions offensives à ouvrir le chemin de l’essai dans des défenses imperméables. Pour cela, il faut du temps, de l’entraînement et des matchs. Toutes choses dont le XV de France ne dispose plus en quantité suffisante d’ici à septembre prochain.

Ainsi donc, une fois de plus, comme s’il ne savait pas faire autrement, le rugby français s’en remet aux mesures d’urgence, aux décisions prises dans le secret du bureau présidentiel, quand une complète remise à plat du système, avec la collaboration de l’ensemble de ses acteurs aurait sans doute permis de ne pas en arriver à une telle situation. Il se murmure que la FFR serait décidée à doter le XV de France d’une structure managériale digne du standing auquel il aspire en vue de l’édition 2023 de la coupe du monde.

Il faut le souhaiter, même si quatre années seront peut-être un peu courtes pour transformer la dixième équipe du ranking de World Rugby en candidate crédible au trophée mondial.

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