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Avr 09

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« Cyrano face aux deux perches rate », tirade du pied (D’après Edmond Rostand)

Dans cette scène célèbre, Cyrano ne laisse à personne le soin de se moquer du jeu au pied des ouvreurs français, dont un aperçu a été offert aux supporters à l’occasion des derniers matchs tricolores sur la scène internationale.

Ce coup de pied est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, tenez :
Ouvreur Anglais : « Moi, si j’avais un tel pied,
Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse ! »
Ironique : « On doit lui préférer votre passe
A croire que même un manchot le rattrape ! »
Agressif : « C’est du toc ! … c’est tragique ! … t’es pas cap !
Que dis-je, t’est pas cap ? …  tu es ridicule ! »
Curieux : « A quoi sert de frapper cette oblongue capsule ?
Dérisoire, monsieur, votre coup de ciseaux  »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les moineaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De voir comparées les vôtres à leurs petites pattes ? »
Truculent : « Ça, monsieur, lorsque vous frappez,
Le ballon parvient-il à s’élever
Sans qu’une taupe ne soit défigurée ? »
Prévenant : « Gardez-vous, votre tête embrumée
Lors d’un drop, de tomber le ballon en avant sur le sol ! »
Funèbre : « Faites faire une petite nécropole
Aux matchs perdus pour cause de buteur en panne ! »
Pédant : « L’ouvreur seul, monsieur, que l’ensemble de ses fans
Appellent communément Wilko
Dut avoir sous le pied tant de réussite au planchot ! »
Technophile : « Quoi, l’ami, ce tee haut est à la mode ?
Pour prendre les trois points, c’est vraiment très commode ! »
Emphatique : « Aucun vent ne peut, pied magistral,
T’aider à trouver la touche, excepté le mistral ! »
Dramatique : « C’est la Berezina quand il dégage ! »
Admiratif : « Pour un fan du Munster, quel hommage ! »
Provocateur : « Un drop de si loin, êtes-vous un Sexton ? »
Naïf : « Cette pénalité, quand la réussie-t-on ? »
Peu respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir un buteur à la rue ! »
Argotique : « Hé, ardé ! C’est-y un coup de pied ? Nanain !
C’est queuqu’arpion en binelle ou ben queuqu’camoufle de nain ! »
Militaire : « Mais où est l’artillerie ?! »
Parieur  : « Voulez-vous jouer ainsi la victoire à la loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce pied qui de la carrière de son maître
A détruit l’embellie ! Il en rougit, le traître ! »
– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de rugby à l’esprit
Mais de rugby, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous ignorez les trois qui forment le mot : but !
Eussiez-vous eu, d’ailleurs, le coup de pied qu’il fallut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Démontrer l’étendue de vos talents d’artillerie,
Que vous ne vous eussiez pas qualifié pour les quarts
De quelque compétition mondiale, car
Quand ce talent au pied, ailleurs, s’exprime avec  verve,
On ne permets guère ici que les jeunes s’en servent.

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2 Commentaires

  1. Antoine

    Merci Antonio

  2. Antonio

    Vous vous êtes bien amusé. Joli travail !

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