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Mar 28

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Crise de croissance, crise de confiance

Le rugby français va mal. Fréquentation des stades en baisse, audiences télévisuelles en berne – qu’elles concernent le Top14 ou le XV de France, polémiques à répétition, guerres des égos, les exemples illustrant ce constat sont nombreux. Les spécialistes du ballon ovale répètent à l’envi que ce n’est pas nouveau, que le rugby a traversé les crises depuis ses origines. C’est un fait, tout comme l’implication des mécènes dans ce sport qui les attire sans doute en raison de ses vertus réelles ou supposées censées en faire une discipline à part. Pour autant, on observe des phénomènes nouveaux induits par le professionnalisme : explosion des rémunérations, transferts massifs à l’intersaison voire en cours de championnat, licenciements à répétition d’entraîneurs. Et le dernier avatar de cette évolution, la tentative avortée de fusion entre le Racing 92 et le Stade français, constitue un symbole de cette marchandisation du rugby poussée à son paroxysme.

Le rugby français vit très clairement une crise aiguë de croissance. Favorisée par des présidents businessmen d’une grande prodigalité et peu regardant sur ses conséquences, cette croissance a conduit les clubs à afficher des budgets qui n’ont peut-être pas l’importance de ceux du football mais qui apparaissent clairement surévalués au regard de ce qu’on pourrait appeler l’économie réelle du rugby hexagonal. La manne financière télévisuelle et celle des collectivités territoriales qui continue d’irriguer les clubs contribuent à donner une trompeuse impression d’aisance financière.

Cette crise de croissance s’accompagne d’une crise de confiance. Celle que les différents acteurs du rugby français ne s’accordent plus. Les relations traditionnellement difficiles entre les clubs et la Fédération ont été rendues un peu plus compliquées avec l’apparition d’un nouveau venu arrivé dans les bagages du professionnalisme : la ligue nationale de rugby. Cette ligue que le président de la FFR, Bernard Laporte, aimerait bien liquider pour exercer seul le leadership sur le rugby hexagonal. Difficile de rétablir une quelconque confiance quand l’un des protagoniste avoue sans ambages vouloir la peau de l’autre. Quant à Paul Goze, il ne bénéficie pas de la solidarité des clubs, celle-ci lui étant refusée par trois de leurs dirigeants.

Rattrapé par une récession économique qui ne dit pas son nom, le rugby français ne peut même pas faire valoir l’excellence de ses résultats : le XV de France occupe au classement mondial une sixième place presque miraculeuse au regard de ses difficultés à aligner les victoires et la brillante série de titres européens du RC Toulon appartient au passé. Quant au Top14, ses matchs tiennent trop rarement leurs promesses et celles de leur diffuseur officiel.

Le piètre spectacle offert sur le terrain comme en dehors prendra-t-il fin un jour ? On peut toujours le souhaiter, même si les comportements des uns et des autres laissent planer un doute sérieux sur la possibilité d’un renouveau à brève échéance de ce sport qui n’est actuellement que l’ombre de lui-même.

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