Crash-test

La composition du XV de France pour la rencontre qui l’opposera à celui du Pays de Galles samedi a été dévoilée par Fabien Galthié et son staff. A l’exception du déplacement de Gaël Fickou à l’aile pour cause de blessure des deux précédents titulaires du poste, l’équipe de départ est la même que celle qui a disputé le match d’ouverture face à l’Angleterre. On constate davantage de mouvements sur le banc, avec l’éviction surprise de Jefferson Poirot, les arrivées de Dylan Cretin et Jean-Baptiste Gros et le retour du polyvalent Thomas Ramos.

Le match de ce week-end a toutes les allures du crash-test pour les Tricolores. D’abord parce qu’il sera le premier disputé à l’extérieur par la jeune garde de Fabien Galthié après deux rencontres jouées dans l’environnement familier du Stade de France. Ensuite parce qu’il se déroulera au Principality stadium, qui est présenté comme l’enceinte la plus impressionnante du Tournoi, tant par l’ambiance qui y règne que par le sens de la mise en scène d’organisateurs jamais en manque d’imagination pour mettre la pression sur les visiteurs.

Crash-test enfin et surtout parce que ces diables de Gallois n’ont pas leur pareil pour transformer les rêves de gloire français en cauchemar cuisants. Pensez donc : lors des dix dernières confrontations, les Bleus ne l’ont emporté que deux fois. En 2011, à l’occasion de la demi-finale de Coupe du monde, et en 2017, au titre du Tournoi. Et il faut remonter à 2010 pour trouver trace d’un succès à Cardiff. C’est aussi l’année du dernier Grand chelem français.

Les Gallois n’ont peut-être plus le génie de leurs glorieux anciens des années 70, mais ils n’en sont pas moins compétitifs, puisant dans des vertus guerrières les ressources de leurs victoires : combativité hors normes, organisation huilée, discipline tant sur le plan du comportement que sur celui de la tactique. Les Français se préparent à quatre-vingts minutes de pilonnage au milieu du terrain et de missiles sol-sol distillés par la charnière galloise.

Les Bleus ne sont pas pour autant condamnés à la défaite. L’an passé, à l’occasion du Tournoi comme lors du quart-de-final japonais, ils ont dominé la première mi-temps avant de céder en seconde période devant les coups de boutoir gallois, la faute notamment à une condition physique ne leur permettant pas de tenir en intensité sur un match complet. Cette année, contre l’Angleterre et l’Italie, les hommes de Fabien Galthié ont affiché des progrès dans ce domaine, sans toutefois rassurer totalement leurs supporters.

Samedi à Cardiff, il sera impératif d’être consistant à l’heure de jeu pour espérer l’emporter. Et pas seulement physiquement : la touche et la mêlée seront cruciales. Les Gallois ont déjà commencé le match en lançant des accusations de tricherie à l’encontre du pack tricolore. Défensivement, le système mis en place par Shaun Edwards devra se montrer plus performant que face à l’Italie ou même à l’Angleterre. A cet égard, le rôle des ailiers sera crucial, ce qui explique certainement le positionnement de Gaël Fickou à ce poste en l’absence de Damian Penaud et Vincent Rattez, alors que d’autres solutions étaient possibles. Quant à Teddy Thomas, pas franchement rassurant dans ce domaine, il joue probablement gros à l’occasion de ce match. Il n’est pas certain que son grand talent d’attaquant préserve son statut de titulaire en cas d’éventuelle contre-performance défensive.

En cas de succès, le XV de France basculerait dans une dynamique comme il n’en a plus connue depuis près d’une décennie, pouvant même, pourquoi pas, ambitionner un Grand Chelem. Si, en revanche, ce match se concluait par une défaite, c’est sa capacité à digérer celle-ci et à ne pas tout remettre en question à la première contrariété – fût-elle significative – qui sera scrutée par tous.

Et c’est sans nul doute dans cette hypothèse que ce « crash test » prendra toute son importance.

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