Conserver l’état d’esprit !

Jusque-là tout va bien. On ne parle pas de ce fichu virus qui attaque les organismes aussi bien que les esprits, au point de décider du report d’Irlande-Italie, mais de la série de matchs victorieux du XV de France qui laisse entrevoir la possibilité d’une victoire dans le Tournoi voire, osons le dire, un Grand Chelem dix ans après le dernier remporté par les Tricolores.

Mais pour espérer l’une et, a fortiori, ambitionner l’autre, il faudra gagner en Ecosse. Et il n’est jamais facile de repartir d’Edimbourg avec le scalp de ceux qui ne rêvent que d’une chose au moment de fouler la pelouse de Murrayfield : faire subir à leur adversaire le même sort que celui que réserva Robert le Bruce au roi Edouard II du côté de Bannockburn il y a quelques siècles. Bref, elle a beau n’avoir plus le même éclat qu’il y vingt ou trente ans, la petite fleur d’Ecosse n’en conserve pas moins ses piquants…

Pour autant, le XV de France qui se présentera dimanche face aux hommes de Greg Townsend possède des atouts qui devraient logiquement lui permettre d’enlever la décision : une défense conquérante, une mêlée retrouvée, une touche qui semble avoir trouvé les bons réglages, et une attaque plutôt efficace à en juger les statistiques dans ce domaine. Emmené par une charnière en or, le XV de France n’est plus le coq sans tête capable de trente minutes flamboyantes avant de s’écrouler lamentablement, mais s’est transformé en un prédateur à sang froid, plus du tout disposé à laisser sa proie s’échapper une fois prise dans sa nasse défensive.

La clé d’un quatrième succès de rang est bien là : dans la capacité de l’équipe de France à conserver intacte durant la totalité de la rencontre sa faculté de gérer ses temps forts et ses temps faibles, sa résilience et sa solidarité défensive et sa réussite offensive. Pour résumer, il lui faudra préserver l’état d’esprit irréprochable dont elle a fait preuve depuis le début du Tournoi.

A cet égard, ce n’est certainement pas par hasard que le staff a fait le choix de laisser Gaël Fickou sur l’aile et garder au centre Arthur Vincent, épatant il y a deux semaines. Alors que le premier est un élément central du dispositif défensif tricolore, le second s’est rendu sinon indispensable, du moins sacrément utile à son poste. Quant à Teddy Thomas, seul titulaire des trois premières rencontres à laisser sa place en l’absence de pépin physique, il cède sa place à Damian Penaud, payant peut-être justement un investissement moins irréprochable que celui de ses coéquipiers.

Dimanche, le XV de France passera un nouveau test, celui de la constance. Il ne sera pas forcément plus simple que l’épreuve de Cardiff. Mais si l’état d’esprit demeure, on peut être sûr qu’il le passera haut la main.

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