Comme un connard

Première journée de Top14, et premières critiques à l’égard de l’arbitrage. Soyons justes, ce phénomène malheureusement récurrent n’est pas réservé au seul championnat d’élite, puisqu’entraîneurs et joueurs de ProD2 ont également été prodigues en saillies négatives à l’égard du corps arbitral, à l’image d’Alasdair Strokosch, de l’USAP, qui a fait admirer son excellent français sur Twitter en traitant de « connard » (SIC) l’arbitre de la rencontre qui opposait son club à Colomiers ce dimanche.

Rien de nouveau sous le chaud soleil du mois d’août. On a l’habitude d’entendre les entraîneurs vaincus se plaindre des erreurs du  directeur de jeu plutôt que de celles de leurs troupes. A cet égard, Oyonnax aura davantage de chances de préserver sa place dans l’élite en réglant son problème en touche qu’en exigeant de n’être plus arbitré par Mathieu Raynal.

Si les critiques des supporters sont, par essence, marquées par une subjectivité passionnelle qu’on excusera bien volontiers dès lors qu’elles n’excèdent pas les limites d’une tribune ou d’un réseau social, il est plus difficile d’entendre à chaque journée de championnat les sempiternelles récriminations à l’encontre d’une corporation qui a pourtant fait d’énormes progrès depuis les début du professionnalisme. On aimerait pouvoir en dire autant des joueurs français.

Modifier les règles n’y fera rien. C’est peut-être même un facteur aggravant puisque l’évolution constante des lois du jeu semble accentuer la confusion de ceux qui ne les connaissent pas suffisamment, fussent-ils des acteurs de ce sport, payés pour les respecter. Ce sont bien entendu les comportement qu’il faut changer.

On sait bien que réclamer davantage de respect à l’égard des hommes (et femmes…) au sifflet est aussi vain que de demander à Sébastien Chabal de se raser la barbe. C’est pourtant un enjeu fondamental non seulement pour la promotion du rugby mais aussi sa préservation. Car ce sport a toujours placé très haut dans la hiérarchie de ses exigences l’acceptation des décisions de l’arbitre. Il faut le répéter, même si cela ne paraît pas évident à tout le monde, les représentants de l’élite, les journalistes et les consultants audiovisuels sont des exemples pour l’ensemble des pratiquants. Au risque de schématiser, un commentateur ou un président qui critique l’arbitre d’un match du Top14, c’est ensuite un père de famille qui crie depuis le bord de touche après le bénévole dirigeant la rencontre de son enfant.

Comme un connard.

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