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Mai 13

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Champions Cup : l’intelligence au pouvoir

(Photo Gabriel Bouys – AFP)

Et de quatre ! Le Leinster a égalé samedi la performance toulousaine en enlevant un quatrième titre de champion d’Europe devant le Racing92. La finale ne brilla guère que par son suspens, mais l’histoire retiendra que la province Irlandaise a remporté la finale grâce à sa solidité défensive, à son efficacité à scorer dans les moments clés et, peut-être surtout, à une intelligence supérieure à son adversaire.

Car si le Racing92 a rejoint la cohorte déjà bien fournie des clubs français poly-battus en Champions Cup avec cette deuxième défaite en finale, il le doit d’abord à un manque d’intelligence de ses joueurs. Le mot est sans doute fort, mais il a le mérite d’être clair : face à des équipes aussi « cliniques » que le Leinster, on ne peut se permettre d’enchaîner les pénalités en fin de match, et encore moins de lui rendre la balle dans son propre camp comme l’a fait Teddy Thomas dans les dernières minutes de la rencontre plutôt que de sécuriser un match nul synonyme de prolongation.

Le Racing92 a donc dû s’incliner de trois points devant une équipe qui n’aura été devant au score qu’à partir de la 79ème minute et aura profité de deux pénalités idéalement placées pour le coiffer au poteau. La défaite est d’autant plus rageante que le Leinster était loin de dominer les débat comme se l’imaginaient nombre de spécialistes avant la rencontre. Certes, on sentait bien la formation irlandaise un cran au dessus dans l’animation offensive et très bien organisée en défense. Mais ce n’était pas, tant s’en faut, l’ogre censé terrasser son adversaire par plus de dix points d’écart ainsi qu’on pouvait le lire ici ou là.

Il faut rendre hommage à la science tactique des coachs franciliens qui avaient bien préparé leur finale, et à la grande implication défensive de leurs joueurs, au premier rang desquels l’admirable Yannick Nyanga, qui a annoncé la fin de sa carrière à l’issue de la présente saison. Quant à la charnière « bis » formée par Teddy Iribaren et Rémi Talès (entré dès le début de la partie à la suite d’une nouvelle blessure de Pat Lambie), elle aura été presque au rendez-vous. Presque, car quelques coups de pied ratés, en particulier le dernier drop de Talès, ont empêché le sort de basculer du bon côté. Mais ce n’est clairement pas du côté des demis du Racing qu’il faut chercher les raisons de la défaites.

Non, on l’a dit, c’est sur l’intelligence que s’est joué la rencontre. Il fut un temps où les Irlandais ne brillaient que par leur « fighting spirit ». Ce temps est révolu. Pas en ce qui concerne leurs vertus guerrières, mais parce que celles-ci s’accompagnent désormais de qualités techniques et d’une lecture du jeu particulièrement affutée, dont sont malheureusement loin de disposer nombre des joueurs qui exercent sous des maillots français.

Après une période un peu délicate, liée notamment au renouvellement de ses cadres, le Leinster a décroché un trophée que son parcours cette saison justifie amplement, et qui symbolise la domination d’une formation où les neurones sont aussi important que les muscles. L’intelligence au pouvoir, en quelque sorte.

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