Calendrier international : farce amère pour les clubs

Le torchon ne brûle pas tout à fait entre les clubs anglais et français d’une part, et Word rugby de l’autre, mais on commence à entrevoir de sérieuses étincelles dans leurs relations. Le motif de la discorde tient en deux mots : calendrier unifié, monstre du Loch Ness que tous aimeraient voir apparaître mais qui reste bien caché dans les profondeurs de la grande mare aux canards du rugby mondial.

Bien que décliné en quatre options différentes, le calendrier unifié proposé par World Rugby repose sur un postulat unique, consistant, schématiquement, à regrouper les rencontres d’équipes nationales en début d’année, avec un Tournoi et un Rugby championship disputé durant la même période, puis à l’automne avec une compétition nouvelle aux allures de Coupe du monde des nations du Tier 1. Les autres dates du calendrier seraient laissées à la disposition des clubs pour leur championnat domestique et la Coupe d’Europe.

Sur le papier, l’idée est séduisante. Mais elle laisse ouverte un certain nombre de questions qui demeurent sans réponse à l’heure actuelle. Deux d’entre elles apparaissent particulièrement épineuses : la gestion des internationaux et l’impact de ce calendrier sur le format des championnats de clubs.

Sur l’année, les internationaux n’auront pratiquement aucun répit, à moins de leur ménager des plages de repos pendant les mois de compétitions domestiques. Or les clubs qui les emploient voudront-ils, même défrayés par leur fédération, disputer des rencontres sans leurs stars, celles qui amènent les spectateurs au Stade et les téléspectateurs devant leur télévision ?

Par ailleurs, ce calendrier global sera trop resserré pour autoriser une compétition comme le Top14 dans son format actuel. Il faudrait donc diminuer le nombre de participants ou celui des rencontres. Quant à l’articulation des championnats professionnels avec les compétitions amateurs, censées promouvoir une à deux équipes chaque année chez les pros, elle deviendrait problématique.

Ces aspects primordiaux, World Rugby ne semble pas y avoir accordé beaucoup d’attention, d’autant qu’elle a communiqué son projet de calendrier sans prendre préalablement l’attache des grands championnats domestiques. Et on ne parle pas du championnat du monde des clubs, autre serpent de mer que certains au sein de l’instance internationale verraient d’un bon œil…

Les présidents de club professionnels se sentent pour beaucoup les dindons d’une farce bien amère, concoctée au nom de la sauvegarde des fédérations de l’hémisphère sud, aux abois financièrement, auquel ce nouveau calendrier offrirait des dates supplémentaires de rencontres (et par conséquent de recettes) dans un cadre renouvelé (une nouvelle compétition) et donc plus attractifs que les « simples » test-matchs.Qu’on le veuille ou non, le poids économique du Top14 et de la Premiership anglaise, à l’aune des problèmes financiers rencontrés par les fédérations nationales, en font des interlocuteurs qu’il conviendrait pour World rugby, de considérer avec davantage d’égards. Si les instances dirigeantes ne parviennent pas à intégrer les clubs dans leurs réflexions, on risque d’attendre le calendrier unifié encore longtemps.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/calendrier-international-farce-amere-pour-les-clubs/

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.