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Août 31

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Bon anniversaire, Monsieur Blanco !

Il y a tout juste soixante ans naissaient deux légendes. L’une, collective, restera dans l’histoire comme « le grand combat du XV de France », cette tournée victorieuse au pays des Springboks, narrée avec souffle et panache par le journaliste et écrivain Denis Lalanne. L’autre légende, individuelle celle-là, vit le jour du côté de Caracas, Venezuela, terre pourtant bien peu propice aux exploits ovales. Et c’est la télévision et non plus l’écrit qui contribua à forger sa renommée.

Ainsi, le 31 août 1958 naquit Serge Blanco. Arrivé à Biarritz à l’âge de deux ans, couvé au BO par Michel Celaya – un des héros du Grand combat – il y occupa le poste d’arrière durant toute sa carrière. Sa fidélité ne sera malheureusement pas récompensée, puisqu’il échouera à remporter le Bouclier de Brennus avec son équipe de cœur.

Mais c’est avec le maillot bleu frappé du coq que Serge Blanco restera dans l’histoire de ce jeu comme l’un de ses plus fameux représentants. Il est de ceux pour lesquels le terme « French flair » semble avoir été inventé. Son sens de l’attaque et son art de l’évitement, conjugués à une science du timing hors du commun, lui ont permis d’inscrire quelques uns parmi les plus beaux essais de l’histoire du XV de France, à l’image de celui qu’il marqua contre l’Australie en demi-finale de la Coupe du monde 1987.

L’artiste savait aussi se faire filou, comme l’illustra son essai de coquin face à l’Ecosse dans la même compétition, qui permis aux siens d’éviter la défaite et les All Blacks en quart-de-finale.

On a souvent dit que Serge Blanco n’était pas très altruiste, qu’il brilla davantage par ses qualités individuelles que par son sens du collectif. C’est inexact. Non seulement parce qu’il prouva à de nombreuses reprises qu’il savait se mettre au service de ses coéquipiers – souvenez-vous de l’essai du siècle en 1991 à Twickenham, mais sa présence même, son rayonnement, profitaient à toute son équipe.

Depuis sa retraite sportive en 1992, il y a déjà un quart de siècle (!), on a présenté quelques-uns de ses successeurs au poste d’arrière comme ses fils spirituels. Mais à part peut-être Jean-Luc Sadourny, dans un registre moins flamboyant, aucun d’eux ne saurait se prévaloir comme « le grand Serge » d’une place dans le panthéon des numéros XV de légende.

Sa carrière de dirigeant fut aussi remarquable. Mais ce parcours hors des terrains lui créa autant d’ennemis que celui de joueur lui suscita d’admirateurs. Premier président de la Ligue nationale de rugby, cet habile négociateur au caractère bien trempé fut pourtant un artisan majeur du passage au professionnalisme.

Et si, pour beaucoup, en particulier les jeunes, Serge Blanco incarne le rugby pro et ses côtés les plus critiquables, en ces temps difficiles pour notre équipe nationale son soixantième anniversaire est d’abord et avant tout l’occasion de fêter un joueur qui écrivit quelques unes des plus belles pages de l’ovalie tricolore, de celles qui contribuèrent à inscrire la France parmi les grandes nations du rugby.

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