Au stade du projet…

Le « grand stade » de la Fédération française de rugby n’est pas encore une réalité. Mais c’est déjà davantage qu’une simple idée en l’air, de celles qui, nous dit-on, seraient de nature à infléchir les conditions rigoureuses du contrat liant la FFR au Consortium du Stade de France pour l’organisation des matchs du XV de France.

Ce vendredi, les instances dirigeantes de la fédération, réunies à La Baule, ont annoncé avoir fait leur choix entre les deux projets concurrents qui restaient en lice. Ainsi donc, le grand Stade de la FFR devrait être construit à Ris-Orangis, dans l’Essonne. Ce choix est assez logique, car il correspond le mieux à l’idée caressée par la fédération de ne pas se contenter de construire une enceinte sportive mais également de favoriser le développement d’activités autour de son stade. Contrairement à la candidature de Thiais-Orly, finalement écartée, celle de Ris-Orangis permet d’envisager la constructions d’infrastructures sur les 133 hectares de terrains mis à la disposition du projet. En comparaison, les 15 hectares de Thiais paraissent effectivement étriqués…

Certains n’ont pas attendu le choix de la fédération pour critiquer le principe même de la construction de ce stade ainsi que sa localisation. Sur le principe, on peut en effet s’interroger sur l’édification d’une nouvelle enceinte en Ile-de-France alors que la capitale et ses alentours proches en comptent déjà deux avec le Parc des Princes et le Stade de France, sans parler de la future Arena92 et du nouveau Jean-Bouin qui devraient offrir respectivement 30.000 et 20.000 places.

A cet argument, il est possible d’opposer deux constats. Le premier est celui de l’obsolescence des infrastructures existantes (15 ans après sa construction, le stade de France est déjà largement dépassé, et que dire de Charléty…) et le fait qu’il n’existe qu’un seul stade dont les capacités sont supérieures ou égales à 80.000 places. Le second argument réside dans la comparaison avec d’autres capitales, qui laisse à penser qu’un nouveau stade ne serait pas nécessairement un investissement inutile. A titre d’exemple, Londres et son agglomération possède au moins deux enceintes de standing international avec Wembley et Twickenham, en plus des stades de belles dimensions comme l’Emirates Stadium ou Stamford Bridge.

En ce qui concerne la localisation du stade de la FFR, force est de reconnaître que l’emplacement de Ris-Orangis n’est pas très proche de Paris, puisqu’il se situe à 25 km de la capitale. C’est le point le plus contestable de ce projet, même si on peut faire remarquer qu’une quinzaine de kilomètres séparent Londres de Twickenham, que l’aéroport d’Orly ne sera qu’à un petit quart d’heure du nouveau stade et qu’il sera plus facile aux autocars Toulousains ou Clermontois de d’accéder à Ris que d’arriver jusqu’à Saint-Denis. Néanmoins, il ne fait pas de doute qu’il faudra à la Région Ile-de-France et au STIF renforcer les capacités d’accès par les transports en commun. Un pari, mais aussi une opportunité très importante de moderniser un réseau dans cette partie de l’Ile-de-France.

Après l’annonce officielle du choix de Ris-Orangis, le projet va prendre une nouvelle dimension. Mais il reste encore bien du travail à l’équipe en charge de l’opération pour espérer voir les travaux démarrer réellement. La FFR doit en effet lever un emprunt évaluté à 400M€ et sans doute convaincre les collectivités territoriales de l’accompagner financièrement, le cas échéant en apportant leur caution et en réalisant des travaux d’infrastructures autour du stade. Tout en sachant que le coût définitif de l’opération pourrait bien dépasser l’estimation initiale, comme c’est souvent le cas pour ce type de projet.

Encore au stade du projet, le chemin demeure long jusqu’au match inaugural prévu en 2017. Mais la fédération française de rugby semble désormais bien décidée à l’emprunter.

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(2 commentaires)

    • Pacalou-sans-S on 5 juillet 2012 at 8 h 34 min
    • Répondre

    Je n’arrive pas à comprendre comment par les temps qui courrent on peut se lancer dans un projet aussi pharaonique, avec un stade de France qui du coup perdra beaucoup de sa raison d’être. C’est une insulte à la rigueur ! Je ne trouverais pas illogique que le gouvernement s’oppose à ce projet, qui ne peut être mené sans fond public.
    Salutations

  1. Remarquable chute, l’Antoine… A nous de jouer, cela dit !

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