Afrique du Sud 37 – Beaux discours 15

Les mouches n’ont pas changé d’âne. Et le bonnet est solidement accroché sur la tête des joueurs du XV de France, qui ont concédé leur deuxième défaite en autant de Test-matchs face à des Springboks qu’on présente pourtant comme les plus mauvais depuis la fin du boycott de l’Afrique du Sud en 1992. Entre nous, on aimerait bien que l’équipe tricolore soit aussi médiocre que son adversaire du jour. Parce qu’à part une belle entame de match et un essai du plus sud-africain des français, Scott Spedding, on ne peut pas dire que les beaux discours délivrés par Guy Novès puis Bernard Laporte aient changé grand chose. Toujours la même indiscipline (12 pénalités concédées), toujours les mêmes errements défensifs (76% de plaquages réussis), toujours la même stérilité offensive.

Comme un symbole de ce rugby de France si fort pour se rentrer dedans sans avoir grand chose d’autre à proposer, une séquence de plusieurs minutes à quelques mètres de la ligne d’en-but sud-africaine conclue par un ballon rendu aux Sud-africain a bien résumé l’impuissance des hommes de Guy Novès, dont le futur pourrait bientôt s’écrire loin de Marcoussis. Même ceux qui n’avaient pas participé à la défaite de la semaine dernière pour cause de finale de Top14 ne sont pas parvenus à rehausser le niveau général de ces bleus pâles. Bien sûr, on se réjouit du premier essai de Damian Penaud, qu’il faudra revoir avec ce maillot, bien sûr que Guilhem Guirado a apporté sa grinta, bien sûr que Romain Taofifenua apporte de l’impact à une équipe qui en manque cruellement et que Yacouba Camara est certainement un cadre en puissance. Mais c’est bien peu. Trop peu. Sans conteste, l’échec est collectif, et il porte la marque d’un rugby qui va mal.

Bernard Laporte avait prévenu qu’il ne tolèrerait pas le même laisser-aller que la semaine passé. Alors certes, il y a eu de la révolte, un peu, et les Bleus ont cessé de rendre systématiquement les ballons à leurs hôtes. Mais pour quel résultat ? Un point de mieux qu’il y a huit jours au tableau d’affichage. La belle affaire…

Le temps où il suffisait de « se dire les choses » devant une bière, où on attendait avec gourmandise « la réaction » des joueurs après une défaite est révolu. Le rugby international requiert bien davantage. Et ce n’est pas une remontée de bretelles, même proférée par un spécialiste de la chose, ou de belles paroles sur l’esprit de revanche qui construiront une équipe dans la durée.

On l’a vu ce samedi, ces beaux discours n’ont même pas  permis de battre des Springboks joueurs mais loin, très loin d’être imbattable.

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(2 commentaires)

  1. Je n’ai jamais été fan des tournées d’été, notamment parce que souvent elles mettent au prises des EDF usées à des sudistes tous fringuants. je me souviens d’un 3° test australien il y a peu au cours duquel les bleus semblait attendre le coup de sifflet final avec une impatience non dissimulée.
    Mais force est de constater que là n’était pas le problème samedi : il y a peut-être un déficit de puissance à l’impact , Picamoles et Gourdon étaient visiblement fatigués mais Toafifenua était lui dans l’avancée bien que finaliste du TOP14.
    Non le drame c’est bien cette impuissance collective, cette incapacité à faire autre chose que des tas stériles (faute de puissance donc) quand le jeu et la rencontre commandent tout autre chose : on commence le match en envoyant du jeu et comme par hasard, on trouve des trous et on marque; idem sur l’essai de Penaud. les Boks ne sont donc pas des monstres imprenables. A l’automne dernier déjà, on mis 3 essais aux Blacks sur du jeu construit, on avait rivaliser avec les Aussies
    Que c’est il passé : on a perdu les clermontois. Lopez, Fofana, Lamerat, Nakaitaci, Vaamahina, etc… Les seuls mecs en France avec 3 rochelais et deux bordelais qui savent ce que c’est de faire un jeu de rugby complet ….
    A défaut de ces joueurs, on a le tout venant du FLOP14 : des bœufs qui foncent dans le tas en se disant que sur un malentendu ça passera bien, à la toulonnaise (période fin de championnat). Sauf qu’en face, c’est pas une équipe qui vient de faire une saison de TOP14, c’est des mecs qui sortent d’une saison SUPER18 avec une vraie prépa phy qui leur permet d’encaisser sans trop broncher, et d’ensuite mettre du rythme et du jeu.

    le jeu de référence en France, la « planche(a) de salut », ça reste encore et toujours le combat de gros quand les autres pays jouent sur la vitesse.
    Pourtant on a des joueurs qui pourraient le faire et certains qui le font mais trop peu pour faire une groupe de 30 parce qu’à part l’ASM, la SR et dans une moindre mesure l’UBB, aucun club n’infuse à ses effectifs cette culture du jeu qui fait qu’au niveau international, quand il manque les cadres jaunes, on passe pour des cons.

    Vu le peu d’intérêt porté par les clubs au XV de France, ce n’est pas près de changer. et ça ne date des présidents mécènes, c’était déjà le cas avant, Novès en tête quand il était au ST.

  2. Je crois que cette tournée était simplement malvenue. On peut insister et se raconter que la tradition nous emmène en hémisphère sud au mois de juin. Force est de constater qu’à la fin du printemps nos joueurs n’ont plus rien dans les chaussettes après une saison particulièrement éprouvante à notre époque, il n’y a qu’à regarder l’intensité (anormale) des phases finales et le nombre de blessés qui font cruellement défaut.
    Et si on rentrait plutôt chez nous, pour des vacances bien méritées, plutôt que de se la raconter encore pour un troisième acte d’une mascarade programmée ?

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