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Avr 09

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Affaire Novès : match (vraiment) nul

Le tribunal des Prud’hommes de Toulouse vient de rendre son verdict dans le dossier du licenciement de Guy Novès. Et celui-ci est somme toute équitable, puisqu’il condamne la FFR à verser à l’ancien sélectionneur une somme correspondant aux salaires non versés sur la période allant de son éviction à la date de fin de son CDD, soit 720.000€. A cette somme s’ajoute 280.000€ au titre de diverses indemnisations, dont 150.000€ pour compenser l’atteinte à l’image et les mesures vexatoires dont le tribunal a estimé que Novès avait été victime de la part des dirigeants de la fédération. En revanche, les Prud’hommes l’ont débouté d’un certain nombre de ses exigences, en particulier les 835.000€ qu’il réclamait pour ses heures supplémentaires, accordant au final une indemnisation assez nettement inférieure à celle demandée par le Toulousain (2,9M€).

Ce montant trois fois moindre à celui escompté par le plaignant a semble-t-il convaincu la fédération qu’elle venait de remporter une victoire, comme en témoigne son communiqué de presse dans lequel elle commente la décision du tribunal. Ainsi la FFR évoque-t-elle des « accusations abusives » et la liste des demandes retoquées par les Prud’hommes est particulièrement développée. Pas un mot, naturellement, sur les 280.000€ d’indemnités qu’elle devra verser en sus des salaires non réglés. Pas un mot non plus sur le fait que le tribunal n’a retenu ni la faute grave dont la fédération accusait Guy Novès, ni la requalification en CDI qu’elle réclamait (un comble pour un employeur en charge de proposer un contrat…) pour mieux contrer les arguments du plaignant.

C’est de bonne guerre. Et comme toutes les guerres ont une fin, celle choisie par les deux parties ressemblent davantage à un armistice qu’à une capitulation de l’un ou l’autre des adversaires. En effet, chacun semble se satisfaire de la décision du tribunal et ne devrait donc pas interjeter appel.

Match nul, donc. Vraiment très nul.

Car en alléguant une imaginaire faute grave pour justifier le licenciement de Guy Novès, en feignant de penser qu’il pourrait se débarrasser du sélectionneur sans assumer financièrement son choix, Bernard Laporte a exposé sa fédération au ridicule d’une séquence médiatico-judiciaire où Guy Novès a toujours eu le beau rôle.

Certes, il est facile d’imaginer que ce dernier n’aurait jamais accepté de céder la place contre un chèque en novembre 2017, et que la procédure de licenciement était inévitable. Pour autant, une rupture d’un commun accord n’a, sauf erreur, jamais été envisagée.

En cherchant la voie judiciaire plutôt que celle de la sagesse pour mettre fin au mandat du Toulousain – après avoir régulièrement savonné la planche à l’intéressé pendant la période de cohabitation avec lui (de janvier à novembre 2017), et surtout en refusant d’assumer dès sa prise de fonctions son choix de se défaire de Guy Novès (exprimé en réunion publique…), Bernard Laporte a fait perdre à sa fédération de l’argent (280.000€), et, surtout, du temps, ce que le calamiteux intérim de Jacques Brunel n’a fait que confirmer. La parenthèse « Guy Novès sélectionneur » se referme donc. Mais il se pourrait bien que Bernard Laporte et les siens retrouve l’homme de Pibrac sur leur chemin prochainement, à la faveur de la prochaine campagne électorale pour la présidence de la FFR. Et là, il ne faudra pas attendre de match nul.

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