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Fév 04

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A un drop du hold up

S’il s’en est fallu d’un drop (magnifique) de Jonathan Sexton pour priver les supporters français d’une victoire aux airs de déjà-vu. Souvenez-vous, il y a deux ans, dans ce même Stade de France, Maxime Médard inscrivait un essai exactement au même moment du match face aux Irlandais qui faisaient jusque là la course en tête. Cette fois, le miracle n’a pas eu lieu. Le coup de pied assassin de l’ouvreur irlandais a conduit au résultat reflétant le mieux la physionomie générale de la rencontre.

L’effet Brunel s’est peut-être concrétisé dans les attitudes des joueurs tricolores, dans leur implication sans faille et leur volonté farouche de ne pas céder devant les assauts irlandais. Mais pas ailleurs, et surtout pas dans la gestion du match. Privés de ballons, les Bleus ont avec constance rendu les quelques-uns qu’ils sont parvenus à grappiller, ne sachant que faire de l’objet les rares fois où ils entreprirent de le conserver. Seul l’éclair de la soixante-douzième minute, conclu par l’ailier Teddy Thomas après une belle course au cœur de la défense irlandaise est venu égayer une bien terne prestation.

De leur côté, les Irlandais n’étaient visiblement pas venus pour mettre le feu aux quatre coins du terrain. Contrôlant parfaitement leurs adversaires, aidés en cela par le manque d’imagination offensive de leurs hôtes, ils ont concrétisé leurs incursions dans le camp tricolore par des points au pied de Sexton. Après tout, il ne leur était nul besoin de faire davantage, puisque les Français se sont évertués à leur offrir les occasions de scorer à peu près à chaque fois qu’ils parvenaient dans leurs quarante mètres.

Il faut y insister, une victoire des hommes de Jacques Brunel aurait été très heureuse, davantage encore que celle d’il y a deux ans. En 2016, au moins, les Bleus avaient-ils dominé territorialement et en termes de possession. Hier, les statistiques étaient favorables aux Irlandais dans des proportions confinant à la caricature, avec près de 70% de domination. Guilhem Guirado et ses copains ont plaqué à 253 reprises contre 113 pour leurs adversaires. A titre de comparaison, le chiffre était de 103 pour les Bleus et 191 pour les visiteurs il y a deux ans. On pourra reprocher également aux Français leur indiscipline, avec 10 fautes sifflées pour un total de 6 aux hommes de Joe Schmidt. Mais quand vous passez votre temps à défendre, cela n’a rien d’étonnant.

Avec une victoire, même relevant du hold up, les hommes de Jacques Brunel auraient certainement bénéficié d’un peu de confiance avant d’aller défier des Ecossais passés à travers de leur match au Pays de Galles. Là, la vérité toute nue s’est affichée à la face du rugby mondial : le XV de France demeure une équipe médiocre, ravalée au dixième rang mondial, derrière l’équipe des Fidji (950 000 habitants, 45000 licenciés).

Derrière les discours convenus, positivant ce qui peut l’être, la réalité d’une cinquième place dans le Tournoi se profile à l’horizon. Jacques Brunel avait promis de se raser la moustache en cas de Grand Chelem. Il doit se féliciter de n’avoir pas fait le même pari pour la cuillère de bois.

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