A bout de souffle

Le score est sans doute sévère, mais il est là : près de quarante points encaissés pour quatorze inscrits, cinq essais concédés pour deux marqués, l’addition est lourde et le XV de France sort sonné de la première des trois confrontations programmées face aux Springboks à l’occasion de la tournée estivale 2017.

Le résultat a beau ne pas refléter tout à fait la physionomie de la rencontre, force est de constater qu’une fois de plus les Tricolores ont failli devant une équipe qu’on disait en pleine reconstruction et qui, bien que plus joueuse que ses devancières, n’a pas franchement des allures de terreurs.

On pourra accuser l’altitude à laquelle le match s’est déroulé, le manque de cohésion d’une équipe rassemblée depuis trop peu de temps, les absences diverses et variées, et pourquoi pas l’arbitre, mieux disposé envers ses hôtes qu’à l’égard des visiteurs, il n’en demeure pas moins que les joueurs de Guy Novès ont affiché l’étendue de leurs insuffisances à Prétoria, dans un stade moins rempli que Colombes un vendredi soir d’hiver en Top14. Les trop nombreux ballons rendus au pied – sans parler des chandelles qui ne trouvaient personnes à la retombées – ont permis aux Sud-Africains de mettre la défense tricolore sous pression et de récolter pénalités tentables et occasions d’essais.

Si la mêlée française plutôt donné satisfaction, la touche a en revanche été trop souvent contrée, sans qu’on puisse affirmer que cela soit le fruit de la seule science du deuxième-ligne Eben Etzebeth. Et même si les Bleus ont été handicapés par le carton jaune très sévère infligé à Brice Dulin, ils n’auraient sans doute pas fait beaucoup mieux sans ce coup du sort.

C’est le lot des tournées du mois de juin. Des joueurs à bout de souffle, fatigués d’une trop longue saison, une équipe privée de certains cadres, un temps de préparation trop court, voilà qui n’aide pas à poser les bases d’un rugby que sanctionne désormais la moindre approximation, en particulier s’agissant du jeu au pied encore trop insuffisant ce samedi. Parmi les demi-satisfactions de la rencontre, on retiendra notamment un « mieux » chez Virimi Vakatawa, malgré une propension très « septiste » à vouloir absolument passer son ballon après un plaquage, une prestation satisfaisante de Maxime Machenaud et de Baptiste Serin, le retour encourageant de Jefferson Poirot et l’arrivée intéressante de Mohamed Boughanmi.

La semaine prochaine, les « finalistes » du Top14 seront certainement intégrés au squad du deuxième test à Durban. Les optimistes avanceront qu’il sera difficile au XV de France de faire moins bien. Les pessimistes rappelleront qu’une semaine de plus ne règlera pas les problèmes d’un rugby engoncé dans ses carences depuis près de dix ans.

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(1 commentaire)

  1. plus que le manque de souffle, qui a paru évident pour certains usés par une saison de collisions je pense que ce match résume bien l’absence de réservoir français de joueurs de haut niveau digne des standards internationaux, les joueurs accusent un manque de technique (pas tous qd même) mais également de caisse pour un jeu qui est très éloigné de ce qu’ils ont l’habitude de faire en France.

    De plus, ce groupe est privé de nombreux cadres et titulaires en place à de nombreux postes, pour des raisons variables. et on voit que derrière, c’est un peu le vide .
    l’absence des leaders et de la cohésion a été criante après la boulette majuscule (mais compréhensible, il tente le coup ..) de Dulin : le groupe s’est complètement délité et laissé abattre. Prendre 14 points en 5 minutes, ça tape sur la tête et sans les cades, pffft;
    La diff’ entre un club solide (lASM) et une sélection bis : les jaunards ont tenu le choc après le rouge de Van der Merwe en 1/2 puis le jaune de Lee en finale.

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