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Juil 08

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A bout de souffle

La tournée 2017 des Lions britanniques et irlandais au pays des All Blacks n’aura pas livré de vainqueur. Les deux équipes ont en effet conclu leur troisième test-match, haletant et indécis, par un score nul (15-15). Anachronisme du rugby, elles ne seront pas départagées par le goal-average. C’est tant mieux, car au vu des trois confrontations, ce résultat final est logique.

Bien sûr, les supporters auraient préféré que seul leur capitaine brandisse le trophée mis en jeu et pas les skippers des deux formations, comme Kieran Read et Sam Warburton l’ont fait à l’issue de la rencontre. On entend déjà ici ou là quelques voix pour réclamer, lorsque cette occurrence survient, un match d’appui – impossible à organiser, ou une prolongation – largement envisageable. Mais il y a quelque chose d’appréciable dans un résultat qui honore les deux équipes et qui résonne comme une promesse : dans douze ans, une nouvelle tournée homérique se déroulera au pays du long nuage blanc. En espérant, naturellement, que le rugby moderne n’enterre pas des Lions devenus gênants pour les clubs professionnels.

En attendant, ce millésime 2017 est bien parti pour rejoindre dans la légende celui de 1955, qui avaient vu les Lions et les Springboks partager la série de test-matchs après quatre rencontres de haute intensité. Il faut dire qu’en dépit de son score nul et quelque peu étriqué, le troisième test d’Auckland a tenu ses promesses, tenant en haleine toute la planète du rugby, bien au-delà des îles d’Outre-Channel. Comme le précédent, c’est encore une décision d’arbitre – encore un Français – qui a vraisemblablement fait basculer le match.

Mais à la différence du carton rouge infligé par Jérôme Garcès à Sonny Bill Williams à Wellington, la transformation par Romain Poite d’une pénalité pour les All Blacks en mêlée à quelques secondes du terme fera longtemps parler dans les chaumières kiwies. Car l’application stricte de la règle aurait certainement confirmé la pénalité sifflée initialement (un en-avant de Liam Williams repris devant par un de ses coéquipiers). Mais en rugby peut-être davantage encore que dans d’autres sports, les lois du jeu laissent une marge importante d’appréciation à l’arbitre.

En son âme et conscience, après consultation du TMO, Romain Poite a décidé que la faute était involontaire et a sifflé une mêlée en faveur des All Blacks alors qu’une pénalité aurait sans nul doute donné la victoire aux hommes de Steve Hansen. S’il faut avouer qu’une telle décision contre le XV de France aurait fait bondir tous les supporters des Tricolores, profitons de notre neutralité pour souligner combien, au fond, cette interprétation de Monsieur Poite fait honneur au corps arbitral. Après tout, au vu du match, les All Blacks méritaient-ils vraiment la victoire ?

Chez les Lions, très déçus d’être passés si près, Sam Warburton et Toby Faletau ont fait taire leurs détracteurs et Maro Itoje semble avoir signé un long, très long bail avec cette équipe. Et la combinaison Sexton – Farrell a donné raison à ce diable de Warren Gatland, qui restera dans les annales des Lions Britanniques pour avoir mené ces derniers à un niveau d’excellence jamais vu depuis les deux fameuses tournées de 1971 et 1974.

Au terme de cette longue série de matchs, quels que soient leur nationalité, les amoureux du rugby ressentent certainement un vide. Il sera difficile de le combler tant les All Blacks comme leurs invités ont placé haut le niveau de leur jeu et l’intensité de leurs confrontations.

N.B. Le choix de ce titre est tout à fait volontaire. Utilisé il y a quelques semaines au soir du premier test-match du XV de France pour signifier la médiocrité d’une équipe manquant de souffle, il symbolise aujourd’hui l’état dans lequel le dernier match des Lions a laissé les amateurs de rugby : soufflés par le jeu, essoufflés par l’intensité et le suspens offert par deux magnifiques équipes…

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