Jan 13

Le rugby, une autodestruction programmée ?

Le rugby va-t-il mourir ? Ou plutôt, ce sport de combat collectif, dont les principes directeurs sont demeurés immuables depuis près de cent-cinquante ans, va-t-il céder sa place à une discipline nouvelle dont le seul point commun avec le jeu inventé par William Webb-Ellis sera l’usage d’un ballon ovale ?

Cette question peut semble incongrue. Elle n’en est pas moins posée avec de plus en plus d’acuité au fil des mesures prises par World rugby pour faire évoluer ses règles. Ces évolutions s’articulent autour de deux axes clairement identifiés : renforcer le spectacle et protéger les joueurs. La priorité donnée au spectacle s’incarne dans les directives visant à favoriser l’équipe attaquante, à l’image des lignes de hors-jeu repoussées de plusieurs mètres sur les mêlées ou les touches. La seconde, tournée vers la sécurité des pratiquants, tente de bannir les gestes qui pourraient mettre en danger leur santé. C’est l’objet des dernières mesures consistant à sanctionner des plaquages « imprudents » ou seulement accidentels mais ayant provoqué un choc à la tête du porteur du ballon.

S’il n’est pas douteux qu’il faille promouvoir un jeu débridé, offensif et préservant l’intégrité physique de ceux qui le pratiquent, on peut néanmoins se demander si l’on ne va pas finir par regretter le temps béni du rugby d’avant, même s’il n’affichait pas souvent plus de vingt minutes de temps de jeu effectif. Comme pourrait le dire Brice Dulin, au moins en ce temps là on pouvait « sauter au ballon » sans risquer le carton jaune.

Naturellement, le trait est forcé, presque caricatural. Mais il est clair aujourd’hui que les instances comme les principaux acteurs de terrain ne sont pas prêts à changer leur comportement pour revenir à quelques principes de base, comme de plaquer aux jambes (en mettant la tête sur le côté…) ou pratiquer l’évitement au moins autant que la collision. A force de privilégier le rentre-dedans, on cherche des joueurs aux dimensions physiques de plus en plus imposantes, dont la densité le dispute à la rapidité. Les chocs sont évidemment plus violents tout en étant plus nombreux. Quant aux méthodes de plaquage, elles se veulent « efficaces » en permettant de récupérer le ballon ou, à défaut, de ralentir sa libération. Ce qui conduit les joueurs à plaquer haut et souvent à deux, provoquant régulièrement des K.-O. entre coéquipiers.

World Rugby veut dorénavant sanctionner les joueurs qui, en plaquant, « savait ou aurait dû savoir qu’il y aurait un risque de contact avec la tête d’un adversaire ». Outre qu’on se demande comment les arbitre vont estimer qu’un défenseur « aurait dû savoir », il sera certainement compliqué pour les équipes d’adopter les attitudes qui leur éviteront d’être sanctionnées. C’est d’ailleurs ce qu’a anticipé la franchise des Waratahs qui s’entraîne désormais à jouer à 13…

Entre un jeu édulcoré par ses règles ou un sport réservé à des gladiateurs musculeux et peu soucieux de leur santé, l’avenir du rugby semble bien incertain. En espérant qu’il ne s’autodétruise pas tout simplement, faisant place nette à ses concurrents à sept et à treize.

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Jan 09

Paris, la vie en morose

Le Stade français poursuit son chemin chaotique dans le Top14 2016-2017. Même s’il ne s’agit que de sa première défaite à domicile de la saison, son revers enregistré dimanche face à Toulouse semble irrémédiablement condamner le club parisien, désormais dixième au classement, avec un match en moins sur son poursuivant immédiat, Pau, à regarder vers le bas. Certes, le Stade français ne compte que cinq point de retard sur l’actuel sixième et dernier barragiste. C’est comptablement très peu, mais au regard des performances des soldats roses, on voit mal comment ils pourraient terminer ailleurs que dans le ventre mou du championnat.

Il n’en faudrait même pas beaucoup plus pour évoquer le spectre de la relégation. Grenoble et Bayonne semblent aujourd’hui les meilleurs garant de maintien du club parisien. Seulement douzième la saison passée, le Stade français pourrait bien terminer à la même place ce millésime aussi peu digeste que le vin produit sur les hauteurs de Montmartre.

Les perspectives au-delà de juin prochain ne semblent pas beaucoup plus favorables. Alors que le président Savare s’interroge de plus en plus ouvertement sur son avenir à la tête du club, le manager Gonzalo Quesada a décidé de jeter l’éponge et de ne pas rempiler l’an prochain, la faute à l’absence de visibilité sur l’avenir et le projet du Stade. Le coach n’a d’ailleurs pas été le premier à préférer aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte : plusieurs cadres, comme Raphaël Lakafia ou Geoffrey Doumayrou ont déjà signé dans d’autres formations.

Cette situation préoccupante doit pourtant être contrebalancée par les atouts du club de la capitale : un stade superbe et fonctionnel, un bassin de joueurs exceptionnel qui permet au Stade français de lancer dans l’élite de jeunes talents remarquables, un potentiel économique indéniable, même si les taux de remplissage de Jean-Bouin sont perfectibles au regard du nombre de spectateurs potentiels dans la région.

Alors que le voisin francilien du Racing n’affiche pas non plus la forme olympique, le Stade français traîne un spleen qui dure maintenant depuis deux longues saisons, bien loin du titre de champion de France arraché aux Clermontois à l’été 2015. Parce qu’il est un acteur important du rugby hexagonal, on aimerait vraiment que le club parisien reprenne des couleurs et cesse de voir la vie en morose. Actuellement, les indicateurs sont à l’orange. Et malheureusement, quelque chose nous dit qu’il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’ils basculent au rouge.

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Jan 05

Le rugby français présente son nouveau Clasico

Dimanche prochain, l’ASM Clermont – Auvergne recevra le RC Toulon pour ce qui constitue indéniablement l’affiche de la 16ème journée du Top14. Même si les deux clubs ne se sont jamais rencontrés en finale du championnat, leurs rivalité pour la domination hexagonale n’est pas feinte, sans parler naturellement des joutes européennes qui ont cristallisé sinon les rancœurs, du moins exacerbé la concurrence entre les deux formations.

Un peu plus tôt dans la journée, se jouera le match Stade français – Stade toulousain qui a longtemps fait figure d’affiche majuscule du championnat de France, au point de se voir attribuer le surnom de « Clasico » (voir de « Classico », dans une tentative assez moche de francisation déguisée) par des médias à la remorque du diffuseur officiel qui en a fait sa tête de gondole ovale durant de longues années, période il est vrai féconde en titres remportés par les deux formations. Désormais, l’affiche a perdu de sa superbe. Non pas tant du fait du départ de Max Guazzini, qui en avait fait un barnum dionysien hypertrophié, mais de la double conjonction de résultats en berne sur les rives de la Seine comme celles de la Garonne et d’une attention médiatique qui se porte naturellement vers le buzz. Et ce buzz retentit aujourd’hui du côté de la Méditerranée. A quoi il faut ajouter que le « jeu de mains, jeu de toulousain » a émigré en Auvergne. Quant aux tentatives de Jacky Lorenzetti, mollement suivi par Thomas Savare il est vrai, pour faire un sommet de la rivalité vraiment historique entre le Racing 92 et le Stade français, elles sont demeurées vaines.

Pour l’instant, aucun sobriquet n’est venu affubler les confrontations clermonto-varoises. On se gardera bien d’en proposer, même si certains viennent assez facilement à l’esprit, comme « l’arbitrico », au regard des nombreuses attentions portées par les deux clubs aux hommes aux sifflets, « le salarycapo », pour souligner le thème préféré des échanges aigres-doux entre Mourad Boudjellal et Eric de Cromières, ou « le Delonarmitageo » en souvenir d’un épisode resté célèbre dans l’histoire des rencontres entre les deux équipes.

Clermont – Toulon est présentement la meilleure arme commerciale d’un Top14 en recherche de sensations fortes. Certes, il ne faut pas bouder son plaisir devant ce qui se fait certainement de plus plaisant en termes d’intensité à défaut d’offrir toujours du beau jeu. Mais il ne faut pas être dupe. Il y a fort à parier qu’au gré des recrutements pharaoniques et des revers de fortune, une autre rivalité tout aussi superficielle viendra certainement un jour supplanter celle-ci.

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Jan 02

Meilleurs vœux pour 2017 !

2017 Calender on the red cubes

Renvoi aux 22 vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Que 2017 vous apporte joie, santé et réussite personnelle, professionnelle et sportive.

Aux joueuses et joueurs de rugby, Renvoi aux 22 adresse ses souhaits de matchs enlevés et de trophées de fin de saison, aux dirigeants de clubs des vœux de prospérité et d’écoles de rugby pleine de rires et de balles-à-l’aile-la-vie-est-belle.

Enfin, aux amateurs de tout poil et aux supporters de toutes obédiences, Renvoi aux 22 souhaite que ce millésime apporte les plus belles émotions, celles qui nous font aimer ce sport merveilleux et nous unissent autour d’une passion partagée.

Bonne année à tous et à bientôt, sur ce blog ou sur Twitter !

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