mai 29

Nord et (surtout) Sud

Grâce à sa victoire sur Pau en finale d’accession de ProD2, dimanche dernier, Mont-de-Marsan a validé son billet pour la prochaine édition du Top14. Les jaune-et-noir vont y rejoindre Grenoble, qualifié directement à l’issue de la saison régulière, les deux équipes prenant les places de Brive et Lyon.

L’an prochain, l’Aquitaine comptera cinq représentants (Agen, Bayonne, Biarritz, Bordeaux-Bègles et Mont-de-Marsan) et sera la région la mieux représentée, devant le Midi-Pyrénées, le Languedoc-Roussillon et l’Ile-de-France (deux représentants chacune). Au total, onze des quatorze clubs de l’élite évolueront au sud d’une ligne Bordeaux-Grenoble.

Même si la géographie du rugby de haut-niveau est notoirement héliocentrée, force est de constater que les efforts pour tenter de faire bouger vers le nord le centre de gravité de l’élite ovale restent pour l’instant quasi-inopérants. Si l’on excepte Paris, historique terre de rugby, les régions du nord de la Loire restent globalement fermées aux deux divisions professionnelles. Et la descente en ProD2 de Brive et Lyon, ainsi que l’échec de La Rochelle dans la course à la montée en Top14 ont plutôt dégradé la situation s’agissant de l’élite.

La vitalité de l’ovalie hexagonale s’observe d’abord dans le rugby amateur. Ce postulat permet de se rassurer en constatant que l’ensemble du territoire est quadrillé par les clubs. Et c’est cette France d’en bas du ballon ovale qui contribue à donner au rugby professionnel, année après année, une audience grandissante, y compris sur des terres peu habituées à ce sport, comme en témoigne le succès de la délocalisation du match Stade Français – SU Agen au Mans.

Cette année sera peut-être celle d’un petit évènement puisque le club de Lille dispute une demi-finale de Fédérale 1 contre Massy et qu’une victoire sera synonyme d’accession à la ProD2. On imagine assez ce qu’une telle éventualité représenterait pour ce sport, qui verrait la saison prochaine une ville du « ch’Nord » côtoyer Pau, Dax ou Tarbes, des clubs du sud rompus depuis l’origine avec le professionnalisme. Un symbole, très certainement.

Quant à la révolution, ne rêvons pas. Il serait grandement étonnant que le Top14 se peuple à court et même à moyen terme de clubs équitablement répartis sur la surface du territoire.

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mai 27

Logique respectée…de justesse

Les barrages du Top14 auront rendu, cette année, un verdict de la plus grande logique en envoyant en demi-finale les clubs classés aux 3ème et 4ème rang à l’issue de la saison régulière. Castres et Toulon auront donc le redoutable privilège d’affronter respectivement Toulouse et Clermont le week-end prochain.

On nourrissait quelque espoir de voir les deux rencontres de barrage nous proposer un jeu un peu moins pauvre que celui auquel le Top14 ne nous a que trop habitué. Las, seul le suspens autour de la rencontre Toulon – Racing a-t-il pu nous préserver de l’ennui total.

De match, il n’y eut pas réellement dans le premier barrage entre Castres et Montpellier tant les visiteurs se sont ingéniés à faciliter la tâche de leur adversaire. Certes, le MHRC a inscrit deux jolis essais, mais il a fait beaucoup trop de fautes pour espérer l’emporter. Malmenés en touche et en mêlée, les hommes de Fabien Galthié ont eu trop peu de bons ballons à jouer, et les ont plutôt mal exploité. En face, Castres n’a que rarement éclairé la partie, s’en remettant pour l’essentiel à la botte de Romain Teulet et à celle de Pierre Bernard, ce dernier faisant preuve d’une belle réussite sur longue distance et ne se priant pas pour transformer les nombreuses occasions offertes par l’indiscipline héraultaise.

Castres a surtout profité de la roublardise de leur jeune demi-de-mêlée, Thierry Lacrampe, qu’on croirait fabriqué sur le même moule que Morgan Parra. Il fut indéniablement l’homme du match, prenant un carton jaune pour antijeu puis parvenant à faire sortir la biscotte à l’arbitre, pour une faute pas évidente de Mickaël de Marco, et inscrivant enfin l’essai de son équipe derrière un ruck à quelques mètres de l’en-but Montpelliérain.

Autre homme du match, Monsieur Péchambert, l’arbitre de la rencontre, qui siffla énormément, hachant le jeu de manière particulièrement sensible. Mais peut-on lui reprocher de sanctionner les fautes ? En revanche, on pourra discuter de sa décision de sortir le carton rouge pour un plaquage dangereux de Josefa Tekori, le deuxième ligne Castrais. Le joueur manquera la demie, ce qui ne facilitera pas la tâche du CO face au Stade Toulousain.

L’autre favoris de ces barrages, le Rugby club toulonnais, a bien failli quant à lui passer à la trappe. On ne le voyait vraiment pas au mieux face au Racing metro, encaissant un 13-0 sans donner l’impression de savoir par quel bout prendre ce match. Grignotant peu à peu son retard, jusqu’à compter quatre points de débours, le RCT paraissait malgré tout devoir s’en remettre à un exploit personnel pour débloquer la situation. Et c’est ce qu’il advint à un quart d’heure de la fin du match, l’ailier du RCT, David Smith, plaçant une de ses accélérations dont il a le secret pour servir, dans un deux contre un d’école, l’inévitable Steffon Armitage.

Les efforts des racingmen pour tenter d’inverser la tendance n’y feront rien. A cinq minutes du terme, Jonathan Wisniewsky avait la possibilité de faire repasser les siens devant. Mais il fit une « Teulet 2011  » en ratant la pénalité pourtant dans ses cordes. A la sirène, Matt Giteau convertit la sienne, donnant au score final une ampleur relative (17-13) masquant mal le caractère incertain de la qualification du RCT.

A deux doigts de rester en rade, Toulon se qualifie à l’arraché. Il devra montrer largement davantage pour espérer inquiéter l’ASM Clermont. A cet égard, on s’interroge sur la décision que pourra prendre Bernard Laporte à l’égard de Jonny Wilkinson. Ce grand champion est incontestablement dans une mauvaise passe. Sa réussite au pied est indigne de lui et son influence dans le jeu actuellement discutable.

Dans un une petite semaine, on connaîtra le nom des deux finalistes. Au vu des matchs de ce week-end, on peut penser que le Brennus se disputera entre le leader de la saison régulière et son dauphin.

 

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mai 25

Revanche attendue, exploit espéré

La chaleur qui, enfin, se décide à arriver sur notre beau pays, ne pouvait pas mieux tomber. Les conditions seront idéales pour que les quatre équipes en lice pour les barrages du Top14 ce week-end nous offrent un spectacle digne de l’engouement qu’ils suscitent de la part des amateurs de rugby.

Après le brouet indigeste offert par les finalistes de l’Amlin Cup la semaine passée, nul doute que la moindre action à plus d’un temps de jeu parviendra à nous arracher des soupirs d’aise. Malheureusement, quelle que soit la qualité intrinsèque des équipes en présence – et quand bien même, n’en déplaise au grand Walter Spanghero, le terrain ne sera pas mouillé, il y a fort à craindre que les (mauvaises) habitudes prises par les clubs du Top14 perdurent voire s’amplifient à proportion des enjeux auxquels les six derniers représentants de l’élite en course pour le titre sont confrontés.

Néanmoins, il convient de rester optimiste. D’autant que les deux premières équipes à ouvrir le bal ce soir, Castres et Montpellier, ne sont pas les dernières à pratiquer un jeu possiblement aéré. Le tempérament « joueur » de certains cadres du MHRC et l’appétit d’espace manifesté régulièrement par la troisième ligne Castraises sont deux arguments parmi d’autres en faveur d’un scénario plus réjouissant pour ce match que celui du Toulon – Biarritz de vendredi soir.

Il est aussi particulièrement réjouissant de voir que chacune des deux équipes a confié les clés du camion à de jeunes joueurs français : Lacrampe et Bernard côté CO, Escande et Trinh-Duc pour Montpellier.

Le match de ce soir aura un goût particulier pour les Castrais et les Montpelliérans, puisqu’il s’agira d’une revanche du match de l’an passé qui vit le MHRC éliminer les Tarnais chez eux au même stade de la compétition. Comme en 2011, Castres est favori. Si l’avantage du terrain peut être avancé, il faut néanmoins le nuancer dès lors que la CO a choisi de délocaliser la rencontre au stade Ernest-Wallon de Toulouse. C’est surtout sur le plan du jeu que les « locaux » pourront éventuellement faire valoir des arguments, en particulier devant. Autre facteur clé, l’inexpérience relative du demi-de-mêlée montpelliérain, Eric Escande, qui a disputé une dizaine de matchs cette saison dont quatre comme titulaire. Ce jeune joueur (19 ans) va découvrir – et surtout franchir – un pallier supplémentaire en termes d’enjeu et de pression. Il devra également savoir gérer des situations délicates, en particulier si son pack venait à subir.

Pour les Héraultais, rééditer l’exploit de l’an passé serait exceptionnel, avant de disputer un remake de la dernière finale dans l’ambiance qu’on imagine. Mais Castres va évidemment tout faire pour effacer les traces d’un match raté et s’ouvrir les portes d’une demi-finale, la première depuis la saison 2000-2001.

Entre une revanche attendue et un exploit espéré, il y a de quoi être impatient d’assister à la confrontation. En priant pour que les protagonistes fassent mentir l’adage malheureusement trop répandu dans notre championnat, selon lequel l’enjeu tue le jeu.

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