Nov 20

Samedi, on saura !

L’heure est grave. Elle est surtout aux interrogations. Samedi, celles-ci seront très certainement en partie levées.

Difficile de les récapituler en quelques lignes, tant elles se bousculent dans l’esprit de ceux qui suivent cette équipe qui les a tant fait vibrer tout au long de son histoire. La principale question, celle qui résume toutes les autres est la suivante : les anciens de l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux parviendront-ils à l’emporter devant la jeune garde de l’IEP en soif de reconnaissance, toujours prompte à vouloir bousculer les idoles pour prouver sa valeur ?

On a maintes fois narré ici les exploits majuscules de ceux qui n’ont d’ « anciens » que le nom tant les années ne semblent avoir aucune prise sur leur avantageux physique. Et pourtant. Et pourtant.

Quelques observateurs avisés ont pu constater ici ou là des signes de relâchement dans l’hygiène de vie traditionnellement irréprochable de ces athlètes du ballon ovale. Les exemples sont nombreux qui interrogent sur une perte de motivation frappant le groupe. Tel ne se rend plus aussi assidûment qu’autrefois aux entraînements organisés chaque semaine autour de boissons énergisantes à base de houblon ou de raisin. Tels autres prétextent quelque affaire judiciaire de première importance ou quelque dossier financier les retenant à Paris pour ne pas se rendre disponible le jour « J ». Tel autre invoque une élection prestigieuse ne lui permettant plus de se commettre avec la plèbe laborieuse dans la boue d’un regroupement.

Bien d’autres exemples sont revenus à nos oreilles qu’il serait trop long de détailler ici. Pourtant, nos sources ne nous ont pas permis de corroborer ces rumeurs insinuantes qui pourraient bien émaner des ces jeunes prêts à tout, on l’a dit, pour l’emporter samedi.

Alors tentative de déstabilisation ou véritable essoufflement d’un groupe de rugbymen prestigieux qui peinerait à se renouveler au fil des ans ?

Pour en avoir le cœur net, rendez-vous samedi prochain au stade d’honneur du Bordeaux Etudiants Club à Talence, à partir de 11 heures pour l’échauffement avant un match à toucher puis la rencontre officielle entre anciens et actuels étudiants de l’IEP de Bordeaux. A l’issue, la traditionnelle troisième mi-temps animée par Jean-Christophe, GO de l’événement, viendra clôturer la première partie de cette journée. La suite du programme vous sera précisée sur place.

Oui, c’est certain, samedi, on saura !

A noter, qu’après cette rencontre, un match se déroulera entre la France et le Japon. La confrontation devrait être intéressante, et il n’est pas certain que le Japon l’emporte.

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Nov 19

XV de France : des motifs de satisfaction

Alors que l’équipe de France a enchaîné une troisième défaite pour autant de rencontres dans cette tournée d’automne, et qu’une ambiance de désolation règne actuellement sur le rugby français, Renvoi aux 22 a décidé de faire entendre une voix résolument optimiste et s’est creusé la tête pour vous proposer plusieurs motifs de satisfaction.

Yoann Huget a incontestablement fait la preuve qu’il possédait l’une des plus belles chevelures du rugby international ;

On a la coupe du monde 2023 ;

Rabah Slimani n’a pas reçu de carton jaune en mêlée lors du dernier match ;

Aurélien Rougerie de retour en bleu, c’est pour le Tournoi 2018 ;

Il va être beaucoup plus facile de trouver des billets pour les matchs du XV de France ;

Les matchs contre l’Italie, les FIdji ou le Japon vont enfin avoir de l’intérêt ;

Les prochaines rencontres des Barbarians français se joueront à guichet fermé ;

On a la coupe du monde 2023 ;

Le top14 va connaître un regain d’intérêt avec les nombreuses occasions de revanche qu’il offrira aux joueurs français face aux Sud-Africains ;

Guy Novès cumule cinq défaites d’affilée, ce qui n’était pas arrivé depuis Jacques Fouroux en 1982. Cinq ans plus tard, le même Fouroux conduisait le XV de France en finale de la Coupe du monde. A bon entendeur…

Aucun demi-de-mêlée ou ouvreur clermontois n’a été blessé durant les trois matchs ;

On a la coupe du monde 2023 ;

Nul besoin d’acheter la presse si vous avez conservé vos anciens numéros de Midi Olympique et l’Equipe. Reportez vous aux articles de l’automne 2010 ou 2015 évoquant « la crise du rugby français » et économisez votre argent ;

Pierre-Michel Bonnet va pouvoir donner libre court à sa verve « blondinesque » durant les dix prochaines années ;

Sir Clive Woodward pourrait bien débarquer à la tête de l’Equipe de France, ce qui nous promettrait de grands moment de rigolade ;

Des dizaines d’heures de sommeil seront préservées à l’automne 2019 pour le plus grand bénéfice des employeurs français ;

On a la coupe du monde 2023.

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Nov 16

Une victoire et des questions

Malgré un rapport défavorable de la commission d’évaluation de World rugby qui la plaçait derrière l’Afrique du Sud, la candidature française à l’organisation de la coupe du monde 2023 l’a emporté, avec une marge étonnamment confortable au second tour de scrutin (24 voix contre 15) après avoir été en tête au premier.

Le détail des résultats peut donner une indication sur ce qu’a été le vote, à savoir le fruit d’importantes tractations où chaque fédération a pu faire valoir des intérêts particuliers et obtenir des contreparties à son suffrage. Et si beaucoup s’interrogent sur la manière dont Bernard Laporte a retourné une situation pourtant mal emmanchée, il est douteux qu’on sache un jour vraiment ce qui s’est réellement tramé dans les coulisses du luxueux hôtel londonien où s’est jouée l’élection, même s’il y aura certainement quelques fuites orchestrées ou non.

Naturellement, des accusations ont d’ores et déjà été lancées à l’encontre de Bernard Laporte et de son équipe, soupçonnés d’avoir poussé très loin leurs efforts pour convaincre les votants. World Rugby n’est pas épargnée. Elle se voit reprocher son manque de transparence, leitmotiv déjà entendu après que sa commission d’évaluation a livré son classement controversé.

Il faudrait être bien naïf pour imaginer que le processus s’est déroulé dans le respect absolu de la morale sportive telle que nous la concevons. Ne parlons même pas de « démocratie ». On mettrait notre main au feu qu’il y a eu de belles promesses, des pressions amicales, des menaces diplomatiques et autres engagements discrets, et cela chez les trois candidats. C’est malheureusement la loi du genre, comme peut en témoigner le dossier malheureux de Paris 2012, vaincu dans la dernière ligne droite par l’ancien coureur de demi-fond Sebastian Coe et sa diplomatie de l’ombre. On apprend, mais sans être vraiment étonné, que Mohed Altrad a joué un rôle important en coulisse pour convaincre les indécis d’apporter leurs voix à la candidature tricolore. La solidarité européenne continentale a pu jouer (Roumanie, Géorgie, Italie ont notamment voté en faveur de la France), alors que les Anglo-Saxons se sont partagés entre les trois adversaires.

World Rugby, dont la Coupe du monde constitue la principale source de trésorerie, a certainement trouvé dans le dossier de la FFR de quoi satisfaire ses appétits financiers, avec davantage de garanties que chez le concurrent sud-africain. Et tant pis si le rapport de la commission d’évaluation est passé par pertes et profits au bénéfice de tractations de gré à gré jusqu’au matin de la décision d’attribution.

Au final, Bernard Laporte revient de Londres avec une victoire presque inespérée et un blason largement redoré. Reste que les belles paroles entendues au soir de ce succès devront être suivies d’actes. On ne doute pas que la manne financière générée par la Coupe du monde servira au monde amateur, mais on attend de connaître le détail de ces retombées. L’afflux de nouveaux licenciés espérés par la Fédération, sera-t-il de la même ampleur qu’en 2007 alors que le rugby est aujourd’hui sur la sellette en raison des risques qu’il fait courir à ses pratiquants ? On rappellera que depuis ce pic d’adhésions il y a dix ans, les chiffres ont connu une lente mais inéluctable érosion. Il faudra donc proposer un vrai projet en direction des jeunes pour les fidéliser.

Quant à savoir si le XV de France profitera de l’occasion pour – enfin – brandir le trophée William-Webb-Ellis à la face du monde, lui qui en avait été incapable il y a dix ans, rien n’est moins sûr. D’abord parce qu’au-delà du fait qu’organiser la compétition n’est en rien un gage de réussite, il faudra à l’équipe nationale un tout autre niveau que celui qu’elle affiche aujourd’hui. Et que pour cela, c’est l’ensemble du système professionnel et de son articulation avec la formation qu’il faudra faire évoluer, en lien avec la Ligue nationale de rugby dont on connaît les liens d’amitiés avec Bernard Laporte et son équipe.

Voilà nombre de questions qui sont aujourd’hui posée et auxquelles il importe que « Bernie » apporte des réponses.

L’actuel président de la FFR trouvera sans doute dans ce dossier des arguments forts pour sa réélection. Il lui faudra néanmoins négocier le prochain obstacle avec succès, celui de l’enquête menée par l’inspection générale du ministère des Sports. Mais quelque chose nous dit qu’hier soir, le risque de voir Bernard Laporte quitter son fauteuil de manière précipitée a singulièrement diminué.

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Nov 13

La mauvaise éducation

Parmi les sujets qui ont enflammé les amateurs de rugby samedi soir, celui des sifflets entendus à l’occasion du haka des All Blacks n’a pas été le moins passionné. Dans le sillage des journalistes scandalisés par une manifestation à laquelle, il est vrai, le public français ne nous avait pas habitués, un certain nombre d’interventions sur les réseaux sociaux ont pointé la responsabilité de ce « nouveau public » du rugby professionnel arrivé au rugby, pour emprunter un raccourci imagé, dans le sillage pailleté de Max Guazzini. Alors que les hommes de Steve Hansen accomplissaient le kapa o pango, ces béotiens de la chose ovale auraient manifesté par leurs sifflets leur méconnaissance crasse de la chose ovale.

On ne reviendra pas ici sur la question du respect dû au haka et de la façon « acceptable » qu’il y aurait d’y faire face, mais plutôt sur cette idée reçue de la « footballisation » du public de rugby, raccourci commode mais ô combien erroné. En premier lieu, il faut naturellement rappeler que le football, pas plus que le rugby, n’est pas composé uniquement d’imbécile hurlant leur haine sur l’équipe et les supporters adverses. Ensuite, un petit retour sur quelques épisodes du passé de notre sport suffira certainement à lever toute ambiguïté sur l’existence d’un crétinisme bien ancré dans le paysage ovale hexagonal.

Le 1er janvier 1913, la France reçoit l’Ecosse au Parc des Princes pour le compte du Tournoi des cinq nations. Les Ecossais livrent une prestation de choix face à des adversaires dépassés. Ils l’emportent 21 à 3, cinq essais à un. Pour le public du Parc, le coupable est tout trouvé en la personne de l’arbitre, l’anglais James Baxter. Après les vociférations d’usage, les menaces se font plus précises, jusqu’à l’envahissement du terrain par des dizaines d’excités, rendant nécessaire l’évacuation sous escorte de l’infortuné « referee ». L’épisode conduit l’Ecosse à refuser de jouer contre le XV de France jusqu’à nouvel ordre. La première guerre mondiale fera oublier l’incident et les rencontres reprendront en 1920.

En 1931, les Home Nations décident de rompre les relations sportives avec la jeune fédération française de rugby. Parmi les chefs d’accusation qui motivent ce bannissement figure en bonne place le comportement du public qui participe à l’image désastreuse du rugby tricolore. Il faudra attendre quinze ans pour revoir le Tournoi des cinq nations.

Le 27 mai 1979, les clubs de Narbonne et Bagnères-de-Bigorre s’affrontent en finale du Championnat de France. Le Parc des Princes est secoué par des bagarres qui éclatent en tribunes et des fusées furent même tirées lors pour perturber les tentatives de tirs au but de Jean-Michel Aguirre.

On pourrait poursuivre cette pénible liste, mais il suffit de se rappeler les sifflets accompagnant les buteurs dans toutes les divisions, les noms d’oiseau dont les arbitres sont régulièrement affublés, les remarques racistes émanant des gradins les mieux choisis pour constater que la mauvaise éducation des spectateurs du rugby n’est ni nouvelle, ni réservée au public du Stade de France et des enceintes du Top14 ou de ProD2.

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